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mercredi, août 17, 2022

330.000 victimes d’abus sexuels dans l’Église, plus de 3.000 prédateurs : les chiffres glaçants du rapport de la Commission Sauvé

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Il était particulièrement attendu. Ce mardi matin, la Commission sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) a remis son rapport à la Conférence des évêques de France (CEF) et à la Conférence des religieux et religieuses de France. 485 pages, plus 2.000 d’annexes. Voici les principaux chiffres à  retenir. 

Entre 216.000 mineurs abusés…

Les travaux menés par la Ciase ont « confirmé l’ampleur des abus sexuels dans notre société », a affirmé Jean-Marc Sauvé, qui estimait à au moins 10.000 le nombre de victimes dans l’Église, en mars dernier.

« Ça va être une bombe » : le très attendu rapport sur les abus sexuels dans l’Église publié ce mardi (octobre 2021)

Le rapport fait désormais état de 216.000 personnes abusées pendant leur minorité par des clercs ou religieux. Il ne tient compte que des personnes encore en vie et des faits commis depuis 1950, les faits antérieurs étant plus marginaux. 

…et 330.000, en comptant les victimes des laïcs 

En considérant les faits commis par des laïcs en mission au sein de l’institution catholique, le chiffre passe à 330.000 victimes.

« Ces nombres sont bien plus que préoccupants, ils sont accablants et ne peuvent rester sans suite. Les violences sexuelles dans l’Église catholique sur mineurs, représentent 4% du total des violences sexuelles en France. Elles sont plus importantes dans les cercles familiaux et amicaux. »

Jean-Marc Sauvé (Président de la Ciase)

80 % des victimes sont des garçons

Les abus commis par prêtres et religieux concernent principalement des garçons, et âgés de 10 à13 ans. A titre de comparaison, dans le reste de la société, les filles sont victimes à hauteur de 75%. « Il est probable qu’un effet d’opportunité ait joué avec les prêtres, au contact des garçons », a commenté Jean-Marc Sauvé. 

Entre 2.900 et 3.200 prédateurs sur 70 ans

C’est un taux plancher. Entre 2.900 et 3.200 clercs et religieux auraient commis ces faits. Le taux français se situe dans le « bas de la fourchette » par rapport à d’autres pays, comme les Etats-Unis ou l’Irlande. 

Entre 2.900 et 3.200 pédocriminels au sein de l’Église catholique en France depuis 1950, selon un rapport (octobre 2019)

56% des faits se sont produits entre 1950 et 1970

Ils auraient diminué dans les années 70 à 90 et se seraient maintenus depuis. « Il y a eu une baisse des abus qui doit être mise en relation avec les baisses des effectifs des prêtres et religieux et de la fréquentation des instituts catholiques », a poursuivit Jean-Marc Sauvé. 

« Une couverture institutionnelle »

La Ciase était chargée de faire des préconisations. Elles sont au nombre de 45. Il est notamment demandé à l’Eglise de reconnaitre sa responsabilité vis-à-vis des victimes, fidèles et société.

« Il y a eu des fautes, parfois des responsables de l’Eglise qui n’ont pas dénoncé, voire ont exposé des enfants à des risques. Un ensemble de négligences, de défaillances, une couverture institutionnelle. Sur ce sujet, la commission a longuement délibéré. L’Eglise n’a pas su voir, entendre, capter les signaux faibles, même si 4% des agressions sont parvenues à sa connaissance.

Deuxième axe : la nécessité de réparer « dans toute la mesure du possible » le mal qui a été fait. Pour les infractions aujourd’hui prescrites, cela passera par la reconnaisance de la qualité de victimes des personnes abusées. Une voie jugée préférable à un nouvel allongement des délais de prescription, susceptibles d’engendrer « douleur supplémentaire et déception ».

Lisa Douard

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