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lundi, août 15, 2022

5.700 lits en moins, 25 établissements fermés en un an… Que dit le dernier rapport sur l’hôpital en France ?

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Davantage de places le jour, moins de lits la nuit. Le « virage ambulatoire » engagé en 2013 continue de guider les politiques de santé en France vers des alternatives aux soins avec nuitée – permettant un roulement des patients et d’importantes économies à l’Assurance maladie.

5.700 lits d’hospitalisation complète en moins

Plus de 5.700 lits d’hospitalisation complète ont fermé en 2020 (-1,5 %), chiffre une étude du ministère de la Santé publiée hier. Contre seulement 1.400 places ouvertes, pour des prises en charge partielles sur une seule journée ou de façon séquencée sur la semaine.

25 établissements ont fermé en 2020

« Sous l’effet des réorganisations et des restructurations », dit le rapport, les difficultés à recruter causées par un manque d’attractivité du milieu, entre autres, ont conduit 25 établissements publics ou privés à cesser leurs activités en 2020. La France est passée sous le seuil symbolique des 3.000 établissements de santé.

Covid-19 : 3.000 soignants non vaccinés ont été suspendus selon le ministre de la Santé (septembre 2021)

À l’hôpital de Ploërmel, 10 lits ont été supprimés en chirurgie et en médecine. À celui de Saint-Julien, près de Rouen, le service est passé de 59 à 30 places en début d’année. Il est question d’en enlever dix de plus.

« Cela touche principalement les territoires ruraux, avec pour conséquence une concentration sur les grandes villes et les centres hospitaliers universitaires. C’est dramatique, parce que cela éloigne les patients de l’offre de soins. »

Michèle Leflon (Présidente de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternité de proximité)

Vers du 100% ambulatoire dans certains hôpitaux

Dole, 23.000 habitants, est la parfaite illustration de cette bascule. Le centre hospitalier jurassien voit son service de chirurgie se transformer en « 100 % ambulatoire ». Arrivée quelques heures avant le passage au bloc, sortie dans la journée. Ici comme ailleurs, les innovations techniques et médicamenteuses, notamment en anesthésie, ont facilité la prise en charge partielle. Jusqu’à éclipser le reste.

L’hôpital d’Aurillac (Cantal) mise sur l’ambulatoire dans la chirurgie du colon (novembre 2020)

Les opérations d’urgence ne seront plus assurées à Dole, dès février, faute de praticien. Il faudra aller jusqu’au CHU de Besançon, à 45 minutes de là. La chirurgie conventionnelle, avec au moins une nuit en observation, devrait encore tenir cinq ans, jusqu’à ce que le dernier docteur prenne sa retraite.

« On a déjà perdu 110 postes en dix ans, une équipe du Samu, la réanimation en 2014… Si on n’a plus de chirurgien sur place, c’est inquiétant pour l’avenir de la maternité. Le tout ambulatoire ne correspond pas aux besoins d’un bassin de vie de 100.000 personnes tel que le nôtre. »

Axel Fricke (Président du Collectif de défense des hôpitaux publics de Dole, créé en mars 2019)

« Je rends ma blouse s’il le faut » : à la veille de l’obligation vaccinale contre le Covid-19, ces soignants prêts à partir (septembre 2021)

L’hospitalisation à domicile a augmenté de 10,8 %

Autre alternative à la formule conventionnelle, l’hospitalisation à domicile a augmenté de 10,8 % en 2020. « Quand elle est choisie par le patient, cela peut être une bonne option. On est mieux dans un environnement familial », reconnaît Michèle Leflon.

Cette progression, plus forte que celle des années précédentes, pourrait être un effet de la crise sanitaire. En période de tension, les établissements de santé ont eu davantage recours à cette solution, notamment pour des patients non concernés par le Covid-19, et afin de libérer des lits pour les cas graves.

Soins critiques. La pandémie et le besoin d’une prise en charge rapide des patients atteints de Covid-19 ont entraîné une augmentation des quotas en réanimation, soins intensifs et surveillance continue. Fin 2020, l’on comptait 20.300 places, soit 700 de plus qu’en 2019 à la même période. Une progression trois fois plus rapide que la tendance des années précédentes.

Lisa Douard

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