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mercredi, août 10, 2022

À l’hôpital psychiatrique d’Aurillac (Cantal), deux jeunes patients agressent leurs soignants

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« Il m’a décroché une droite sous la mâchoire. J’ai vu les étoiles. C’était la quatrième dimension », relate Pierre, une minerve autour du cou. Cet aide-soignant était de garde, mercredi 29 septembre au soir à Claude-Bernard. Un service fermé de psychiatrie adulte du centre hospitalier Henri-Mondor, à Aurillac.

« J’étais au téléphone, poursuit-il. J’entends crier : “On va se les faire ! On les tape ; on les tue !” Deux mineurs, dont un très costaud, puissant. Une centaine de kilos… »

Âgés de 15 et 16 ans, ces deux jeunes déjà connus pour des faits de violences sont alors hospitalisés en psychiatrie adulte, faute de mieux. Ce soir-là, ils prennent à partie leurs soignants : Pierre, mais aussi Antonin et Baptiste, infirmiers.

Deux lattes de volet pour deux battes de baseball

« On s’est d’abord fait bloquer dans un couloir sans issue », raconte Baptiste. « Ils ont arraché un volet et s’en sont servis pour nous taper dessus. Deux lattes de volet pour deux battes de baseball », ajoute Pierre, qui parvient à faire appeler la police.

Les soignants ne répondent pas par la violence. Ils tentent de temporiser, de négocier. Puis cela repart de plus belle. « L’un des deux a mis un énorme coup de pied, avec de l’élan, à Antonin », relaie Baptiste. Les deux infirmiers décident de s’enfermer dans une salle de soins. Les deux patients démontent eux les pieds d’une table et tentent de défoncer la porte. Ils brisent une vitre. Pierre rappelle la police avec son portable. La voilà.

« Physiquement, on n’avait aucune chance, conclut Pierre », choqué, comme ses deux collègues. « J’ai songé à la mort. »

Choqué, le personnel s’est rassemblé devant le service, ce vendredi 1er octobre à 14 heures.

Depuis plus d’un an, le personnel aurillacois de psychiatrie réclame un équipement « PTI par téléphone », un dispositif d’alerte spécialisé. « C’est en cours. Le système va être installé sous peu », répond Pascal Tarrisson, le directeur de l’hôpital.

Immersion dans le secteur sous contrainte de l’hôpital psychiatrique d’Aurillac (Cantal)

« Cela a été très violent, déplore-t-il. De mon point de vue, ils étaient conscients de ce qu’ils faisaient. Mais ça, après, la justice le dira, nuance Pascal Tarrisson. Je remercie la police, intervenue rapidement et efficacement. » Ainsi que ses agents, s’étant « très bien comportés. Il n’y a rien à dire. Le personnel de psychiatrie est formé à contenir la montée de la violence. C’est ce qu’ils ont fait. Aucun n’a été violent. »

Après leur interpellation, les deux mineurs ont quant à eux été « hospitalisés hors du département », selon le directeur.

« Ce que l’on demande, c’est une unité d’hospitalisation complète en pédopsychiatrie, conclut Pascal Tarrisson. Un service fonctionnant tout le temps et qui puisse contenir des jeunes pouvant être violents, pour eux-mêmes ou pour les autres. »

Pascal Tarrisson (Directeur de l’hôpital d’Aurillac)

Romain Blanc

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