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samedi, août 13, 2022

À l’origine de plusieurs incendies à Clermont-Ferrand et Orcines (Puy-de-Dôme), une jeune femme condamnée

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En l’espace de trois jours, entre le 16 et le 18 octobre 2019, une jeune femme de 28 ans, psychologiquement fragile, avait déclenché plusieurs incendies, à Clermont-Ferrand et à Orcines, heureusement sans faire de victimes.

Jugée ce lundi devant le tribunal correctionnel clermontois, elle a été condamnée à cinq ans de suivi sociojudiciaire, ainsi qu’à une injonction de soins (*). Mais l’audience n’a pas permis, deux ans après les faits, de vraiment comprendre les motivations de la prévenue, qui avait mis le feu à plusieurs caves (dont la sienne), ainsi qu’à une armoire technique et à une poussette (à deux reprises, la même nuit), sur son palier, dans son immeuble de la rue Naudin, à Clermont-Ferrand. Elle avait aussi provoqué un départ de feu dans les vestiaires du Golf des volcans, à Orcines, qui l’employait alors comme commise de cuisine.

La prévenue ne donne pas d’explications bien précises…

Lorsque la présidente, Anne David, tente de comp rendre ce qui a pu la pousseràcommettre des actes dont les conséquences auraient pu être tragiques, la prévenue – qui semble un peu spectatrice de son procès – reste pour le moins évasive. Les départs de feu dans les caves ? Elle n’en reconnaît qu’un, dans sa propre cave, qu’elle aurait déclenché accidentellement, en jetant négligemmen t une cigaret te mal éteinte. Dans les parties communes ? « Je voulais mettre fin à mes jours, en m’asphyxiant avec les fumées ». Sans trop se souvenir, cependant, par quels moyens, ni avec quelles substances, elle a mis le feu. Sur son lieu de travail ? Elle aurait voulu se venger d’une collègue qui se serait moquée de son poids…

Condamné pour des incendies à Clermont-Ferrand : « Dès que je suis bourré, j’ai juste envie de foutre le feu »

L’expert psychiatre qui l’a examinée, s’il n’a pas relevé « d’attraction pour le feu », a cependant noté sa propension «à exprimer son stress et son mal-être à travers des passages à l’acte » et estimé que le risque de récidive était « relativement important ». D’où « la nécessité d’une « prise en charge médicamenteuse, psychiatrique et psychologique ».

« Vous dites avoir voulu attenter à vos jours, mais vous avez mis la vie de tout le monde en danger, y compris celle de vos propres enfants »

éléonore drummond (Procureur de la République)

Le procureur de la République, Eléonore Drummond, a indiqué à l’incendiaire que ses gestes « ont mis en danger la vie des habitants de tout un immeuble, mais aussi la sienne et celle de ses enfants ». « Et cela, vous semblez l’occulter complètement, poursuit-elle. Votre prise de conscience réelle de la gravité des faits et vos explications changeantes interrogent, aussi… ».

« Elle a compris la dangerosité de ses actes »

En défense, Me Sophie Giraud a tenté de nuancer le portrait de sa cliente, notant que « c’est toujours elle qui a donné l’alerte, juste après avoir déclenché les incendies ». « Contrairement à ce que l’on peut penser, elle ne se moque pas des autres et comprend la dangerosité de ce qu’elle a fait. Elle vivait surtout une situation humaine et personnelle très difficile, à l’époque. Celle-ci s’est encore aggravée depuis les faits, puisqu’elle a notamment perdu la garde de ses enfants, qui ont été placés. Mais elle tente malgré tout de s’en sortir : elle a engagé un suivi psychologique, elle vient de décrocher un emploi en CDI et de trouver un nouveau logement, dans une autre commune ».

Christian Lefèvre

(*) Si elle ne respectait pas les termes de ce suivi sociojudiciaire, la jeune femme pourrait être amenée à effectuer deux ans de prison. Sur le plan civil, elle devra verser 3.439 euros de dommages et intérêts à son ancien bailleur, l’Ophis, pour les dégâts provoqués par ses«mises à feu ».

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