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mercredi, août 10, 2022

Agée de 10 ans, Gayané Gharagyozyan défendra les couleurs de Brive (Coorèze) au Concours international de piano

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Sous ses doigts, la maîtrise technique se fait oublier pour laisser les notes de La Fantaisie Impromptu de Chopin ou des compositions de Bach et Debussy virevolter et couler de source avec une apparente et étonnante simplicité. Devant son piano, dans sa chambre d’appartement familial, dans un HLM de Brive, elle rêve de devenir une grande concertiste et de se produire un jour sur les plus grandes scènes, comme celle de l’Opéra Garnier à Paris. En attendant, Gayané Gharagyozyan a déjà passé l’examen pour intégrer le troisième cycle du conservatoire de Brive avec mention Très bien, alors qu’elle n’a que 10 ans.

« J’ai rarement vu des élèves aussi talentueux à 10 ans. »

La gracieuse petite fille brune a fait sonner les touches du roi des instruments pour la première fois, à l’âge de trois ans, sur un piano jouet, cadeau d’anniversaire de ses parents. Inscrite au conservatoire depuis ses six ans, Gayané y partage son temps aujourd’hui entre le piano, le solfège et l’orchestre. En mars 2022, au sein d’une master class, elle va y jouer avec la violoncelliste de renommée internationale Camille Thomas. Un concert est prévu aussi avec l’orchestre du conservatoire. Au programme, notamment : Greensleeves (arr. Matt Riley) avec une solide partie de piano. Par ailleurs, depuis neuf mois, Gayané a aussi sa chaîne YouTube.

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Force de caractère 

Derrière sa timidité se cache une petite personne volontaire et énergique, avec une belle force de caractère. Gayané Gharagyozyan affectionne « le solfège et les morceaux difficiles. J’aime bien me donner des défis, jouer du Chopin, du Fauré ou du Rachmaninov, parce que c’est complexe », raconte-t-elle.
Sa passion pour la musique a grandi encore un peu plus, après la rencontre, il y a un peu plus de deux ans, avec son actuel professeur de piano, le concertiste Laurent Bourreau. C’est normal, chez ce dernier, la rigueur et l’exigence vont de pair avec une grande gentillesse.

Talent et potentiel La jeune pianiste aime les compositions complexes.

« Chez Gayané, il y a le talent, le potentiel et l’écoute. J’ai rarement vu des élèves aussi talentueux à 10 ans, constate-t-il. Elle a une excellente concentration, une envie incroyable et une très bonne oreille. Avec elle, des fois, le temps du cours (1 h 30) paraît trop court. La partition passe toute de suite dans le corps et dans les doigts. En plus du cours, elle va plus loin et m’amène des partitions en me disant : “ça, je peux le travailler, je l’ai entendu, j’ai déjà commencé à le déchiffrer”. »

En voyant les difficultés techniques de ces compositions, je me dis que ce n’est pas raisonnable, et qu’en plus, il faut avoir de grandes mains. Mais, elle y arrive?! 

Laurent Bourreau (le professeur de piano de Gayané )

Un concert mémorable 

Gayané n’écoute pas souvent de la musique à la maison, mais va aux concerts de musique classique. Celui du « sorcier » russe, Arcadi Volodos, l’un des plus grands pianistes du monde, en août dernier, au Festival de la Vézère, l’a particulièrement marquée. Devant un public qui lui a réservé à la fin du concert une interminable standing ovation, l’artiste a joué six rappels. « J’ai beaucoup aimé ses nuances, son interprétation, sa virtuosité »,  confie Gayané.

Un soutien sans faille

La jeune Briviste participera, en mars prochain, aux éliminatoires du Grand Concours international de piano, présidé par la pianiste et enseignante du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Lyon, Svetlana Eganian.
Si Gayané Gharagyozyan peut et souhaite poursuivre sa route artistique, dans trois ans, elle devrait quitter Brive pour le CNSMD de Lyon ou de Paris.

De toutes les manières, elle pourra compter sur le soutien sans faille de sa famille. Dans la tribu Gharagyozyan, l’art, le sport et l’amour du travail bien fait ont toujours occupé une place essentielle. Son papa Gor avait fait sept ans de violoncelle et de piano, mais il est aussi judoka et bon joueur d’échecs. Sa maman Mariam excelle dans la peinture sur soie, alors que son grand frère Tigran est ceinture noire de judo et un joueur d’échecs prometteur.Gayane Gharagyozyan est actuellement au 3e cycle au Conservatorie de Brive

En 2008, sa famille a failli être expulsée 

Loin de rouler sur l’or, Gor et Mariam ont pourtant décidé de permettre à leur fille d’aller jusqu’au bout de ses rêves, en lui offrant un piano droit allemand de très bonne facture.
Cette famille contribue à enrichir, à sa façon, la ville de Brive, la Corrèze et la France. Pourtant son histoire a failli mal tourner. Les Gharagyozyan ont quitté leur Arménie natale pour la France en 2005. En 2008, à Brive, ils tombent sous le coup d’un arrêté d’expulsion, mais grâce, notamment, à la mobilisation des parents d’élèves et d’enseignants de l’école Marie-Curie, où leur fils Tigran était scolarisé à l’époque, ils peuvent rester. 

Une histoire française

La France les a  accueillis et ils le lui rendent bien. Le regretté philosophe Michel Serres a écrit un jour : « Quand on n’a plus de terre, on n’a plus comme solution que de renverser ses racines et de les mettre dans la langue, la représentation. On devient d’autant plus un intellectuel, qu’on est un exilé. C’est un refuge d’infini apprentissage, et je crois que perdre la terre, c’est gagner le livre… » La famille Gharagyozyan a perdu sa terre pour gagner la musique?!

 

Texte : Dragan PEROVIC ; Photos : Stéphanie PARA 

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