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lundi, août 15, 2022

Au collège Baudelaire, à Clermont-Ferrand, le café des parents porte la voix des familles

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Les habitués sont là. Nadia Mokhtari, Jeanine Belachat, Karima Ettaieb, Yunes Ahram… « Le noyau dur », annonce la principale du collège Baudelaire, Agnès Coutard, en introduction du premier café des parents de cette année scolaire.

Le rendez-vous matinal du vendredi a résisté à dix-huit mois de crise sanitaire. Pourra-t-il se tenir tous les mois ? Ce sera aux intéressés de définir la fréquence et les thématiques de ces réunions, ouvertes à tous les parents d’élèves.

La principale du collège, Agnès Coutard (au centre), profite du café des parents pour donner des informations qui peuvent intéresser toutes les familles, sur les demandes de bourses par exemple. Ensuite, elle laisse la médiatrice sociale animer les échanges entre les parents. 

En lançant les cafés parents, il y a quatre ans, le collège voulait construire une nouvelle relation avec les familles. Ici, il n’y a pas de fédération de parents d’élèves pour accompagner ceux qui souhaitent s’engager dans la vie de l’établissement. C’est la direction qui impulse une dynamique, entretenue par la médiatrice sociale en poste depuis janvier 2020, Nathalie Prat (*).

Retrouvez tous les articles de la série Vies de quartier

Sa mission ? Créer ou re-créer du lien avec les familles, sous différentes formes. «Souvent, il y a une coupure dans le quotidien des élèves, avec d’un côté le collège, de l’autre côté la maison, constate Nathalie Prat. Les enfants peuvent décrocher en raison du manque de lien entre les deux. S’ils voient leurs parents venir pour prendre un café ou discuter, ils redonnent un sens au collège. »

Ce que Nadia Mokhtari vérifie régulièrement avec son fils, élève de 3e. « Il est content quand je lui dis que j’ai une réunion ou un rendez-vous avec un professeur. »

Élue au conseil d’administration depuis l’entrée de sa fille aîné en 4e, il y a six ans, cette assistante maternelle s’organise pour ne manquer aucun café parents, bien consciente d’être une courroie de transmission essentielle « entre les familles, à l’extérieur, et le collège ».

« On rencontre les parents, dehors, explique Nadia Mokhtari. Ils nous posent des questions ou ils nous parlent d’un problème. Nous, on vient, on en parle avec la principale ou les professeurs, on essaie d’arranger les choses. On assure une continuité, pour la réussite de nos enfants. »

Nadi Mokhtari (parent d’élève)

À côté d’elle, Karima Ettayeb complète : « Les parents qui ne parlent pas français, on peut s’exprimer à leur place et les aider dans les démarches ».

La principale du collège, Agnès Coutard, reconnaît aux deux amies « un rôle d’apaisement ». « Les avoir à nos côtés, c’est précieux. Toutes les deux, elles sont très connues dans le quartier, donc elles vont relayer des informations ou nous faire remonter des difficultés dont les parents n’osent pas nous parler. »

 

Ce matin-là, ils sont sept, autour d’Agnès Coutard et de Nathalie Prat, pour évoquer les élections du 8 octobre au collège et le planning des conseils de classe, qu’il est toujours difficile de compléter dans les temps.

Jeanine Belachat, autre pilier de ce café des parents, suggère de créer une adresse électronique commune et de mettre en place un fichier partagé sur un drive. Les autres parents sont d’accord. Ce sera fait avant la fin de la réunion.

Le dernier sujet à l’ordre du jour avait été évoqué avant l’été. Pour convaincre davantage de parents de franchir la porte de l’établissement, un groupe chorale va être créé.  Cette initiative a été exposée par courrier à tous les parents des élèves. Dix-sept volontaires se sont déjà manifestés. Première répétition dans la salle de musique, mercredi 6 octobre, de 14 heures à 16 heures. 
Isabelle Vachias

(*) A Clermont-Ferrand, le poste de médiateur social existe dans chaque collège en Rep+ (réseau d’éducation prioritaire renforcée) 

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