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mardi, mai 24, 2022

bras de fer pour la chancellerie

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RÉCIT – Le candidat social-démocrate Olaf Scholz bénéficie d’une légère avance sur le conservateur, Armin Laschet, qui revendique néanmoins le pouvoir.

Correspondant à Berlin

Pour la première fois dans l’histoire récente de la République fédérale, les quelque 60 millions d’électeurs allemands appelés aux urnes, dimanche 26 septembre, n’ont pas découvert à la télévision, à la lecture des chiffres, l’identité de leur futur chancelier. Les deux principaux partis, SPD et CDU, qui ont toujours régné sur la politique allemande depuis près de 70 ans, se trouvaient au coude-à-coude selon les sondages sortis des urnes, laissant augurer une période d’instabilité politique. Les deux grandes chaînes publiques, ZDF et ARD donnaient une légère avance d’environ un point au ministre SPD des Finances, Olaf Scholz (25 %), sur son adversaire CDU, Armin Laschet.

Pour le parti chrétien-démocrate d’Angela Merkel, qui a dirigé le pays d’une manière ininterrompue durant 16 ans, il s’agit d’une « défaite amère », reconnue par son secrétaire général Paul Ziemiak. La CDU perd environ huit à neuf points par rapport au scrutin de 2017, mais ne renonce pas pour autant à son ambition de former une coalition. La CDU a reçu en ce sens un « clair mandat » des électeurs, a prétendu son président-candidat Armin Laschet, qui a ajouté : «nous voulons diriger le gouvernement».

Pour l’instant, sa famille politique fait bloc derrière lui, y compris la CSU bavaroise qui, il y a seulement une semaine, semblait prête à déclencher les hostilités internes. Durant la campagne, la CSU avait toujours soutenu Laschet du bout des lèvres, après avoir échoué à imposer son poulain Markus Söder lors de la primaire de l’Union. Dimanche, le parti régional a également subi une défaite dans son fief historique, voyant son score baisser de près de 8 points (33 %) par rapport à 2017. Pas de quoi réfréner les ambitions des conservateurs.

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Leur offensive a semblé déstabiliser le SPD qui, en début de soirée, était tout occupé à célébrer sa victoire. Son score a progressé de près de 5 points par rapport au scrutin de 2017 et lui aussi estime avoir reçu un « clair mandat » des électeurs. Ces derniers « veulent qu’Olaf Scholz devienne chancelier », a déclaré l’intéressé en parlant de lui à la troisième personne. « Il s’agit d’un gros succès», a-t-il ajouté, mais ce dernier reste à exploiter. Autrefois partenaires de coalition, les deux partis s’embarquent sur une voie de collision.

L’un et l’autre, séparément, vont sonder les autres partenaires puis, le cas échéant, négocieront avec eux une plateforme programmatique susceptible d’obtenir une majorité au Bundestag. Ce processus pourrait prendre des mois. Pour cela, deux formations politiques se retrouvent dans la position de faiseurs de roi : les Verts (Grünen) qui récoltent environ 14 % des suffrages, ainsi que le parti libéral FDP (environ 12 %). Écolos et libéraux se verront offrir le choix de rejoindre, soit la CDU, soit le SPD.

«J’ai opté pour un vote tactique»

Derrière, le parti d’extrême droite AfD, avec qui personne ne veut dialoguer, se contente de 10 % des voix et la gauche radicale d’environ 5 %. Le vote de dimanche a clos une campagne électorale dénuée d’enthousiasme, qui fut marquée par son indécision et son suspense, à défaut de proposer une claire vision de l’avenir. «Aucun candidat ne se détachait du lot », résumait une jeune femme à la sortie d’un bureau de vote du centre de Berlin.

Celle-ci a longtemps hésité avant de cocher ses deux croix, l’une réservée au candidat de sa circonscription, élu au suffrage uninominal direct, l’autre dédiée au parti de son choix. «J’ai opté pour un vote tactique », ressemblant à la coalition qu’elle appelle de ses vœux mais dont elle souhaitait taire la couleur. « Laschet n’est pas très excitant mais Scholz non plus », confirmait Ursula Stark, une retraitée de 78 ans, qui a choisi la CDU.

Pour le candidat SPD, il s’agit d’une renaissance politique, lui qui avait échoué il y a deux ans à prendre la présidence de son parti face à un couple issu de l’aile gauche. Six mois plus tard, en août 2020, et faute d’autres prétendants, Olaf Scholz avait néanmoins accepté de conduire la liste SPD qui, à l’époque, ne récoltait que 15 % des voix dans les sondages. Le parti était alors promis au déclin, à l’image du PS français. L’intéressé n’a commis aucune erreur.

À l’inverse, son adversaire Armin Laschet a accumulé les bourdes depuis le début de l’été. La CDU qui, à la mi-juillet, était encore promise à une victoire sans combattre, se croyant protégée par la popularité d’Angela Merkel, a vu fondre son avance de dix points sur le SPD. Dimanche, elle a finalement perdu… et entend conserver le pouvoir.

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