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samedi, août 13, 2022

Ces agriculteurs victimes de dégradations volontaires dans leur exploitation en Corrèze

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Depuis trois ans, le même constat irrite Charles Bugeat. Dans sa châtaigneraie, située au lieu-dit Moncoulon à Estivaux, les filets censés protéger ces arbres sont déchirés. « En juillet, j’en ai eu une vingtaine, en mai une trentaine. Cet hiver, soixante filets ont été découverts endommagés. Et ce n’est pas le gibier qui fait ça », se désespère l’agriculteur.

L’état des filets, soigneusement coupés, ne laisse, en effet, guère de doutes sur l’origine des dégâts. « Cela a été réalisé par des humains sur des jeunes plants. Et souvent, le temps que l’on s’en aperçoive, cela profite au gibier », explique le propriétaire des lieux. Ce dernier, qui a repris l’exploitation familiale, estime son préjudice à environ 3.000 euros. « En plus des filets, on a perdu des arbres à cause de la faune qui en profitait. Il faut mettre de la pâte cicatrisante sur les troncs écorcés. Cet hiver, nous avons passé trois jours à vérifier tous les plants. » L’agriculteur a également été contraint d’investir pour sa sécurité. Pour lutter contre le ou les auteurs de ces dégradations, il a installé des caméras sur son terrain. Mais pour le moment, les découpeurs de filet sont passés entre les mailles de la vidéosurveillance.

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Contraint d’investir pour sa sécurité

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Montaignac-Saint-Hippolyte, autre lieu, autre contexte et autres conséquences. Sabine et Benoît Baudet, qui développaient depuis 2017 leur production de légumes bio, ont décidé, au début de l’été de mettre la clé sous la porte, suite à plusieurs semaines d’acharnement sur leur terrain. Une violence aussi rapide que fatale pour leur activité. « C’est quatre années pour rien », résume, amer, Benoît, qui a depuis trouvé un travail dans une entreprise de paysagiste. Entre les mois d’avril et juin derniers, les sabotages n’ont en effet pas cessé : pneus du tracteur percés au tournevis, un tag « Dégage » dans le cabanon, les bâches d’un de ses tunnels déchirées – entraînant au passage la perte de 200 pieds à cause du gel – gazole répandu sur les pieds de tomates, radis piétinés et pompe d’irrigation sabotée…

Benoit Baudet, à Montaignac Saint Hippolyte, contraint d’arrêter son activité à cause d’une série de dégradations volontaires.

Des dégradations tous les trois jours 

En énumérant les dommages, le couple pense encore oublier certains faits. « C’est simple, tous les trois jours, il y avait une nouvelle dégradation. Un matin, j’ai aperçu un homme qui a pris la fuite en me voyant. J’ai appelé la gendarmerie et tenté de le poursuivre dans les bois mais, on ne l’a jamais retrouvé », regrette Benoît. « J’avais une boule au ventre quand je venais sur le terrain. À la fin, je ne voulais plus venir avec les enfants. On ne dormait plus la nuit », se souvient Sabine, qui s’est reconvertie dans l’aide à domicile.

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Des plaintes classées « sans suite »

Au mois de septembre, le couple, qui a pris un nouveau départ, s’efforce de vendre ce qui reste de leur vie d’avant : le matériel, les tunnels et quelques plants aux gens du village. « Malgré l’enquête, les caméras, on n’a jamais retrouvé l’auteur, ni compris pourquoi on s’en prenait comme ça à nous. Il a tapé là où ça fait mal, sur la production. On ne pouvait plus continuer », déplore Sabine.

Si les multiples plaintes déposées par Benoît et Sabine Baudet ont été classées « sans suite », Charles Bugeat, de son côté, n’a pas alerté la gendarmerie. « On a seulement signalé les faits à la mairie. Déposer plainte ne sert à rien, si je n’ai pas de preuve à apporter », justifie l’agriculteur. De leur côté, les forces de l’ordre prennent au sérieux ces attaques. Chaque fait touchant une exploitation agricole est immédiatement enregistré par la brigade de renseignements.

29 faits en 2021 en Corrèze

En Corrèze, en 2021, vingt-neuf faits ont, pour le moment, été enregistrés, un chiffre en baisse par rapport à 2020 où 47 faits avaient été traités. « La plupart des atteintes sont des vols par opportunité. Il y en a eu vingt-et-un en 2021, pour seulement six cas de dégradations. Les auteurs profitent souvent de la situation d’isolement des agriculteurs.

« Les faits comme les incendies volontaires, qui pourraient être en lien avec l’agribashing comme en 2019, restent vraiment à la marge », explique le lieutenant-colonel Dumas.
Cette tendance départementale s’inscrit à contre-courant de la tendance nationale. Depuis février 2021, les gendarmes observent un rebond des vols et dégradations, mais à un niveau inférieur à celui de 2019, avant la crise du Covid.

Pierre Vignaud

 

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