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mercredi, août 17, 2022

«La droite d’État doit restaurer les droits de l’État»

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FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que Les Républicains n’ont toujours pas désigné de candidat pour 2022, le maire LR de Lavaur, Bernard Carayon, estime que seule une droite lucide sur les dégâts de la mondialisation pourra l’emporter.

Bernard Carayon est maire LR de Lavaur, avocat au barreau de Paris et porte-parole de Michel Barnier.

L’État est, depuis Philippe le Bel, la colonne vertébrale de notre nation. Et depuis Jean Bodin[1], le concept de souveraineté lui est associé. La France est le pays des hommes libres.

Mais l’un comme l’autre se sont effondrés. Philippe Seguin l’avait annoncé. Emmanuel Macron consacre l’entreprise de démolition engagée par François Mitterrand.

Nul secteur de l’État n’est épargné par ce mouvement : la Sécurité, la Santé, l’Éducation, la Justice. L’industrie, moteur de la recherche, de l’enracinement des emplois, de l’ascension sociale, de nos souverainetés technologiques, a été fracassée par la politique européenne de la concurrence. Le poids des charges, la cécité de nos élites, quand ce n’est pas leur «soumission heureuse» au monde anglo-saxon, ont fait le reste.

L’État ne protège nos secteurs stratégiques qu’avec des sabres de bois et n’incarne plus une volonté de puissance.

Bernard Carayon

Nous avons perdu Arcelor, Technip, Lafarge. Quel grand groupe industriel – à l’exception du secteur du luxe – a surgi chez nous depuis trente ans ? Aucun.

Les Américains nous espionnent quand ils ne nous humilient pas. Les Allemands sabotent notre filière nucléaire et renversent à leur profit chez Airbus et Ariane les rapports de force.

L’État ne protège nos secteurs stratégiques qu’avec des sabres de bois et n’incarne plus une volonté de puissance.

Les avertissements sont anciens[2]. Le tocsin a été sonné. Un projet de défense et de promotion de nos intérêts nationaux, porté par la droite d’État, est déjà prêt. Nous l’engagerons.

Mais pour que la France retrouve sa puissance industrielle, portée par nos grands groupes qui, seuls, sont capables de happer la croissance internationale et porter l’effort de transition écologique, il faut encore que le marché de l’emploi et la cohésion de notre pays soient au niveau requis. Des centaines de milliers d’emplois ne sont pas pourvus. Inutile d’aller chercher dans l’immigration, «l’armée de réserve des travailleurs» dont parlait Marx, politique contre laquelle Jaurès voulait instaurer un «socialisme douanier» et que combattait le PCF quand il se souciait des ouvriers français !

L’immigration entretient ainsi un cercle vicieux dans notre économie depuis quarante ans. Les chômeurs y sont sur-représentés. Elle pèse excessivement sur nos politiques sociales et sécuritaires. Et quand les immigrés occupent un emploi de faible qualification, ils pèsent sur les salaires, freinent les efforts d’investissement technologique.

Contre l’immigration, lorsqu’elle n’est pas conforme à nos intérêts : ni xénophobie, ni xénophilie.

Bernard Carayon

L’immigration a longtemps été présentée comme une «chance pour la France». Vision aussi iréniste que la «mondialisation heureuse». Elle fracture le pays depuis que François Mitterrand nous avait assené que «les étrangers sont chez eux, chez nous». Ceux qui ont voulu faire de l’effacement des frontières le moteur de la compétitivité, ont aussi, dans le discours politique, ouvert la France à une immigration en dissidence avec notre civilisation.

La droite d’État doit restaurer les droits de l’État et ceux de la Nation. Pour l’industrie. Contre l’immigration, lorsqu’elle n’est pas conforme à nos intérêts : ni xénophobie, ni xénophilie.

Oui, il faut stopper l’immigration comme l’exigent 70 % des Français. Oui, il faut, par référendum, tout pouvoir remettre à plat. Un terroriste étranger doit pouvoir être expulsé dans son pays d’origine sans obstacle formé par la Cour européenne des droits de l’homme . Ceux qui introduisent dans notre pays des clandestins doivent être considérés comme des délinquants, nonobstant l’absurde principe de fraternité découvert par le Conseil constitutionnel. L’immigration familiale, sanctifiée par le Conseil d’État, doit être stoppée. La notion de «réfugié climatique» inventée par une Cour administrative d’appel et véritable détournement de la Convention de Genève de 1951, ne peut, non plus, être validée. Ces graves dérives juridictionnelles doivent cesser. Le Peuple doit devenir la Cour suprême des juridictions, européennes et nationales, qui ont laminé notre politique d’immigration.

Aux électeurs de droite reconnaissants à Emmanuel Macron de l’instauration d’une flat tax , je dis : vos profits ne pèseront pas lourd quand notre pays affrontera de grandes déchirures

Bernard Carayon

Aux électeurs de droite reconnaissants à Emmanuel Macron de l’instauration d’une flat tax, je dis : vos profits ne pèseront pas lourd quand notre pays affrontera de grandes déchirures ou que la France apparaîtra, auprès de ses créanciers, impuissante à réduire ses déficits et sa dette. À ceux qui empruntent les chemins iconoclastes, je dis : rien ne vaut l’expérience de ceux qui préfèrent l’action à la théorie, et qui aiment autant les Français que la France. Je ne dirai jamais à Tarik, l’entraîneur d’un club occitan de rugby, qu’il doit changer de prénom.

Pour peser face aux grandes puissances, mais aussi face aux multinationales et aux ONG dont la force est inversement proportionnelle à leur légitimité démocratique, il faut être solides et crédibles. Solides, pour retrouver la première place en Europe alors que l’Allemagne va s’embourber dans des querelles partisanes. Crédibles, pour élaborer dans un monde dangereux des alliances à géométrie variable.

Face au président qui représente le pire de l’ancien monde, – un monde sans frontières, ni morales ni géographiques, et l’alliance de dirigeants économiques qui ont fait de l’intérêt national un paillasson, des opportunistes sans mémoire et des communautaristes qui pactisent avec le diable -, il faut rassembler les Français. Les respecter. Faire respecter la France.

[1] Les Six livres de la République, 1596.

[2] Patriotisme économique, de la guerre à la paix économique, Bernard CARAYON, 2006, Éditions du Rocher.

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