26.5 C
Vichy
lundi, août 15, 2022

L’ancien élu montluçonnais (Allier) Stéphane De Freitas condamné pour corruption de mineur

sur

L’ancien élu montluçonnais Stéphane De Freitas comparaissait ce mardi 5 octobre devant le tribunal correctionnel de Montluçon (Allier) pour corruption de mineur, détention de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique et usage illicite de cocaïne.

Au terme de près de quatre heures d’audience, Stéphane De Freitas a été reconnu coupable de l’ensemble des infractions pour lesquelles il était poursuivi.

Une information judiciaire ouverte contre l’adjoint au maire de Montluçon

Les faits

C’est suite à une dénonciation anonyme, en septembre 2018, que l’affaire a débutée. Stéphane De Freitas, alors adjoint en charge des festivités à la ville de Montluçon, aurait entretenu des relations avec des mineurs et aurait harcelé sexuellement un majeur. 

Une enquête puis une instruction sont ouvertes et les présumées victimes sont entendues. Au final, Stéphane De Freitas sera poursuivi pour la corruption d’un seul mineur (âgé de 14 ans au début des faits) ainsi que pour la détention de l’image d’un mineur (le même) présentant un caractère pornographique.

L’ancien élu est également poursuivi pour usage de stupéfiants, des pochons vides de cocaïne ayant notamment été découverts dans ses affaires au cours des différentes perquisitions. Une infraction que le prévenu ne conteste pas. 

L’audience

Au centre des débats pendant l’audience : une conversation sur le réseau social Messenger, entretenue à partir de novembre 2016 et jusqu’en mars 2018, entre Stéphane De Freitas, 38 ans au début des faits, et un adolescent alors âgé de 14 ans, le fils d’un couple d’amis. « Comment arrivez-vous à ces échanges avec ce garçon », interroge la présidente. À la barre, Stéphane De Freitas raconte : « La conversation a commencé alors qu’il venait de rompre avec une jeune fille. »

« Il se posait des questions sur lui. Il avait envie de parler. Je me suis retrouvé en lui. Je me voyais, moi, quand j’étais plus jeune et que je n’assumais pas ma bisexualité. Je voulais lui donner des conseils. »

Stéphane De Freitas (prévenu)

Il évoque ainsi un rôle de confident auprès du jeune homme.

« Il n’y a pourtant rien qui ressemble à des conseils d’un adulte à un adolescent », souligne la magistrate. Car des messages à caractère sexuel ainsi que des photos notamment d’hommes nus sont échangés. 

La présidente concède néanmoins : « Le mineur était en demande. Il vous envoie des messages très crus et des photos de sexes d’hommes. Il y a des moments où vous lui répondez : « Non arrête »… » Avant de préciser : « Mais d’autres fois, vous l’appelez « Mon petit cochon » et répondez avec des émojis cœur. » Stéphane De Freitas reconnaît que « la conversation a été trop loin », mais assure « ne jamais avoir été attiré par un mineur, ni avoir eu de relation avec un mineur, ni même avoir été intéressé ».

Stéphane De Freitas a démissionné de son poste de conseiller municipal de Montluçon

Le procureur de la République l’interroge également sur ce qui lui vaut d’être poursuivi pour détention d’images pédopornographiques : « Quand vous recevez des photos de ce jeune, vous avez pleinement conscience que c’est le sexe d’un mineur… Pourquoi vous ne supprimez pas les photos ?  » « La seule faute que j’ai faite, c’est de ne pas en avoir parlé à ses parents dès qu’il a commencé à m’envoyer ce type de messages. »

La partie civile

Me Dominique Machelon, avocat de l’adolescent ainsi que de ses parents, soutient : « La thèse de l’ami, du confident auprès de ce jeune en quête d’identité ne tient pas. Le prévenu tente de minimiser les faits. Nous ne sommes pas du tout dans le registre du confident qui aide un jeune. On va dire que le garçon n’est pas innocent, qu’il le titille, mais l’un avait 14 ans, l’autre 38. »

Les réquisitions

Le procureur de la République souligne la difficulté du dossier.

« On a le sentiment que nous ne sommes pas dans un cas de corruption classique de nature pédophile. Il y a une sorte de transfert. M. De Freitas a l’impression de se reconnaître. Mais l’adulte qu’il était aurait dû couper court à la conversation et ne pas entretenir de relation ambiguë. »

Procureur de la république

Une peine de dix-huit mois d’emprisonnement entièrement assortis d’un sursis probatoire avec obligation de soin, de travailler, interdiction d’entrer en contact avec la victime ainsi que d’exercer une activité professionnelle en lien avec des mineurs, ont ainsi été requis. Son inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais) a également été demandée.

L’ancien adjoint au maire de Montluçon Stéphane De Freitas renvoyé devant le tribunal correctionnel

La défense

L’avocat de la défense, Me Bertrand Chautard, a, lui, plaidé la relaxe quant à la corruption de mineur et la détention d’images pédopornographiques, infractions contestées par Stéphane De Freitas. 

« Deux experts [Stéphane De Freitas a rencontré un psychiatre et un psychologue dans le cadre de l’instruction, NDLR] viennent dire que cet homme n’est pas un pédophile. Les propositions sexuelles venaient de l’adolescent. Sa réaction n’a pas été adaptée mais il n’y a pas de corruption de mineur. »

La décision

Stéphane De Freitas a finalement été reconnu coupable et a été condamné à douze mois de prison avec sursis. Il aura également interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs pendant cinq ans et sera inscrit au Fijais. 

Laura Morel

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nouvelles récentes