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lundi, août 15, 2022

Le gâteau Creusois va se payer une tranche sur Télématin (France 2)

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Lève-tôt et fidèles de Télématin (France 2) auront bientôt du gâteau creusois au petit-déjeuner. Le journaliste culinaire Loïc Ballet était jeudi en Creuse avec deux cadreurs pour mettre en boîte une chronique sur l’emblématique pâtisserie, et au-delà poser la question de la noisette locale…

Un agriculteur et trois pâtissiers dans la balance

Par l’intermédiaire de Creuse Tourisme, Loïc Ballet a trouvé de quoi se mettre sous la dent avec un reportage en deux temps : d’abord chez Christine et Joël Saladin qui ont planté des noisetiers depuis quelques années du côté de Masbaraud, ensuite chez Simon Derouault, pâtissier adhérent à l’association “Le Creusois”, basé dans la même commune mais côté Saint-Dizier.

Pour l’occasion, le jeune artisan recevait aussi chez lui deux éminences de l’association, Dominique Caro (Dun-le-Palestel) et Didier Barbaroux (Guéret), qui fut maître d’apprentissage de Simon. Le rond classique, le carré plus moderne, en petites réductions individuelles ou à l’inverse dans la grande tuile conviviale : toute la famille du Creusois était rassemblée devant l’objectif tandis que les pâtissiers faisaient la démonstration des gestes qui vont bien.

Télématin chez Beaupré Autruches à Sagnat (2015)

Dans le décor aussi, une énorme motte de beurre, un plein saladier de noisettes et bien sûr du sucre et de la farine, tout cela dans des proportions plus ou moins confidentielles… Un décorum réjouissant et gourmand qui ne saurait pourtant suffire à Loïc Ballet qui avait décidé de creuser le sujet.

« Ce que je trouve intéressant à raconter dans l’histoire du Creusois c’est que cette création relativement moderne se base tout de même sur un vrai terroir ancien. Et qu’il y a à partir de là des hommes et des femmes qui veulent œuvrer pour ce terroir, en recréant par exemple une filière noisette qui n’existe pas vraiment. »

On sent qu’il y a quelque chose en gestation qui est tout à fait dans l’air du temps, en rapport avec les circuits courts, le produit local, mais aussi la diversification de l’agriculture…

Mine de rien, le chroniqueur repose là un sujet devenu un peu serpent de mer dans l’agriculture creusoise : comment se fait-il que ce territoire qui revendique ce fruit comme un emblème et qui a ces arbres plein ses haies, n’ai jamais su le valoriser ? La réponse est à chercher du côté de la spécialisation agricole qui a donné cette place écrasante à l’élevage. Mais maintenant que l’on parle de diversification et d’alternatives ?Loïc Ballet avec les pâtissiers creusois du Creusois.
 

Il y a un problème d’échelle : pour être rentable il faut un certain volume, et pour un certain volume il faut engager des investissements. Il faut aussi structurer l’aval de la production qui garantirait le débouché, avec par exemple une coopérative et des outils de transformation sérieux… Coûteux aussi. En résumé la Creuse ne sait pas par quel bout commencer.

18 tonnes de noisettes à trouver… En Creuse ?

Et tout le paradoxe, c’est que le débouché existe. Retour au Creusois : « L’association passe des commandes en gros pour tous ses adhérents, cela représente 18 tonnes de noisettes par an, chiffrent à la louche Didier Barbaroux et Dominique Caro. Jadis on était obligé de se fournir à l’étranger. Nous avons désormais réussi à trouver une production en Dordogne. Mais à terme il serait bien sûr idéal que le Creusois soit fabriqué avec une matière première creusoise ».

18 tonnes de noisettes ne se trouveront pas dans les haies mais dans de véritables vergers tels que les Italiens ont su en conserver. Et c’est d’ailleurs pour ça que Loïc Ballet tenait à se rendre avant sur l’exploitation Saladin : « L’émission est aussi là pour donner, éventuellement, l’idée de se lancer à quelqu’un qui nous regardera ». La diffusion est prévue le mardi 5 novembre… Au matin.

Floris Bressy
[email protected]

 

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