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mercredi, août 17, 2022

Le mariage pour tous bientôt autorisé en Suisse

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Il y a tout juste 30 ans en Suisse, Thierry Delessert et son compagnon se voyaient demander lors de leurs recherches d’appartement s’ils étaient homosexuels ou cousins. La première option les privant systématiquement de logement. Ce chercheur à l’université de Lausanne de 56 ans se souvient encore du temps où la police fichait les homosexuels.

Trente ans plus tard, les Suisses s’apprêtent à approuver lors d’un référendum dimanche 26 septembre le principe du mariage pour tous, à une large majorité selon les sondages. Le pays alpin est l’un des rares en Europe occidentale à ne pas avoir encore franchi le pas. C’est «un très grand pas en avant» pour la Suisse, assure à l’AFP Thierry Delessert, qui fut infirmier en services psychiatriques avant de reprendre les études pour devenir spécialiste de l’histoire de l’homosexualité en Suisse afin de mieux comprendre ce passé sombre.

La Suisse a dépénalisé l’homosexualité en 1942, mais diverses polices municipales ou cantonales disposaient – dans certains cas jusqu’au début des années 1990 – de registres recensant les homosexuels. Thierry Delessert, qui a écrit «Sortons du ghetto. Histoire politique des homosexualités en Suisse, 1950-1990», explique que ces registres étaient tenus au nom du «contrôle de la déviance et de la moralité».

Ces fichiers pouvaient avoir des effets sur la vie des gens. «Si un supposé homosexuel était jugé pour vol, son homosexualité était une preuve supplémentaire de son immoralité. Si un homosexuel demandait un appartement, il ne le recevait pas. Si un homosexuel voulait un travail dans la fonction publique, il ne l’obtenait pas», détaille Thierry Delessert. Ces registres n’ont toutefois jamais été publiés, et les personnes qui y figuraient n’étaient pas mises au courant. «Il n’y a que Zürich et Bâle qui en 1979 et 1980 ont annoncé officiellement la suppression. En tant qu’historien, c’est frustrant, car les registres ont disparu mystérieusement», déplore le spécialiste.

Ses recherches lui ont toutefois permis de retrouver le témoignage d’un commissaire parlant d’environ 200 homosexuels enregistrés par année à Zürich et des annotations manuscrites sur des documents de police où des policiers demandaient la création de ces «fiches» concernant des homosexuels arrêtés.

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