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vendredi, juillet 1, 2022

Le sénateur de l’Allier Claude Malhuret rejoint le parti Horizons d’Edouard Philippe

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Il avait quitté Les Républicains en 2017, après le naufrage de la campagne présidentielle de François Fillon. Depuis, il avait rejoint le parti centriste Agir, et surtout pris la présidence du groupe Les Indépendants au Sénat.
Tout en revendiquant une totale liberté de parole et de vote au Parlement, Claude Malhuret a décidé de rejoindre le nouveau parti d’Édouard Philippe, Horizons, dont la création officielle devrait intervenir d’ici la fin 2021. Une personnalité politique dont il partage l’analyse. Explications.

Vous rejoignez aujourd’hui le nouveau parti Horizons d’Édouard Philippe. Est-ce la suite logique de votre parcours politique, vous qui avez quitté Les Républicains en 2017 ?

En 2017, j’ai quitté la campagne de Fillon après le meeting du Trocadéro. Après, quand vous avez été pendant 10 ans président de la fédération départementale, vous ne pouvez pas annoncer votre départ en pleine campagne. Je l’ai donc fait après.

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Pourquoi avoir quitté le navire à ce moment-là ?

J’étais aux Républicains, mais historiquement, j’étais à l’UDF, mon histoire politique est centriste, j’ai toujours été de centre-droit. Mon positionnement, c’est celui-là.
C’est aussi le moment où sont apparus les constructifs et les indépendants au à l’Assemblée. Le raisonnement était de dire que la France allait mal, et que les deux derniers quinquennats avaient été ratés. D’abord celui de Sarkozy à cause de la crise de 2008, très mal gérée à l’époque par le directeur de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet. Et celui de Hollande, gâché par Hollande lui-même. La création des constructifs et du parti Agir s’est faite à partir de ce constat.

Pourquoi ne pas avoir rejoint En Marche, dans ce cas ?

Parce que nous ne partageons pas tout à fait la même analyse politique. Celle des macronistes, c’est de dire que l’opposition se joue désormais entre démocrates et populistes. La mienne, c’est que c’est en partie vraie, mais que le macronisme n’a pas effacé l’antagonisme droite/gauche. C’est un peu plus compliqué que cela. Ça a été la justification de la création de mon groupe au Sénat.

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Vous quittez donc votre parti actuel, Agir ?

Je ne quitte rien. Tous les mouvements créés à l’époque comme Agir, La France audacieuse d’Estrosi, La République des maires, fusionnent avec Horizons. Mais cela n’a aucun impact sur le groupe Sénat, constitué de 17 membres de sensibilités différentes, et qui fonctionne très bien comme cela. Ça n’est d’ailleurs possible qu’au Sénat, qui est un sport de compromis. L’Assemblée en revanche, c’est un sport de combat.

Pourquoi choisir Édouard Philippe ?

Vous l’avez probablement noté, pendant le temps où il a été Premier ministre, je l’ai pratiquement tout le temps soutenu. Et nous sommes exactement sur la même analyse. Politiquement, « la poutre continue à travailler », comme il aime à le dire. Par ailleurs, parmi toutes les personnalités politiques que je connais, c’est l’un des plus humains et des plus empathiques. Et il voit loin. Son discours de Havre, c’était sur les 20 ans qui à venir.

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Quelle place aurez-vous dans de dispositif ?

En tant que président de groupe parlementaire, j’aurai de facto une place dans le bureau politique. Mais ce qui compte, c’est ma pratique quotidienne de parlementaire, et de président de groupe au Sénat.

Le président Macron est venu à Vichy le temps d’une visite historique, mercredi dernier. Vous qui avez été maire de Vichy pendant 28 ans, comment avez-vous vécu ce déplacement ?

Pour moi, sa venue comporte deux aspects. D’abord, cela a permis de célébrer l’acquisition du domaine thermal, et l’inscription de la ville au Patrimoine mondial de l’Unesco. 2021 a été une année considérable pour Vichy.
Ensuite, sur le plan mémoriel, pour les Vichyssois, ça a été l’occasion, 62 ans après De Gaulle, de demander un soutien pour que cesse la stigmatisation de la ville.

Enfin, au niveau national, au moment où un polémiste, aujourd’hui candidat, revisite l’histoire, c’est important, à quelques mois de l’élection présidentielle, de montrer que les démocraties sont fragiles.
C’est aussi ça que rappellent les 80 parlementaires qui ont refusé de soigner les pleins pouvoirs constituant à Pétain. La venue des époux Klarsfled a été un symbole très fort.

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Vous vous êtes largement exprimé tout au long de cette crise sanitaire. Nous en sommes à la troisième dose vaccinale, quel est votre avis aujourd’hui ?

Cela aurait été plus logique de rendre la vaccination obligatoire, mais comme aucune sanction n’est possible, il est impensable de prendre une mesure qu’on ne pourra pas appliquer. Seule option : convaincre, mais pas ordonner. Si on obligeait le public, on n’obtiendrait qu’un raidissement. Aujourd’hui, avec l’Espagne et le Portugal, nous sommes l’un des pays les mieux vaccinés au monde, cela montre que le pass sanitaire est géré plus efficacement que la vaccination obligatoire. Si la vaccination était ouverte aux enfants, je suis pour qu’on propose, mais sans imposer.

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Comprenez-vous que d’aucuns craignent de faire vacciner leur(s) enfant(s), même parmi les plus fervents défenseurs du vaccin ?

Les antivax ont fait peur à tout le monde avec leur campagne, qu’ils ont fini par perdre d’ailleurs, mais qui a laissé des traces chez les adultes. Et quand il s’agit d’enfants, la question de pose de façon plus émotionnelle. Mais quand cette question de la vaccination des enfants sera tranchée, je n’ai aucun doute sur le fait que la majorité des Français le fera.

Propos recueillis par Matthieu Perrinaud

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