23.5 C
Vichy
mercredi, août 17, 2022

« Les gens ont peur avant d’avoir mal » : les annulations se multiplient chez les traiteurs du Puy-de-Dôme

sur

«C’est simple, en 24 heures, j’ai perdu 150.000 euros. Forcément ça inquiète ! » S’il veut rester positif, Bruno Champoux, traiteur Montrognon à Cournon, a bien du mal à digérer les treize annulations du jour. « Certaines personnes renoncent à leur repas alors que rien n’est interdit. Le problème, aujourd’hui, c’est que les gens ont peur, avant d’avoir mal… »
Une situation vécue d’autant plus mal que la profession s’est imposée des contraintes exceptionnelles. « On a tout repensé pour assurer la sécurité et l’hygiène de nos clients. Aucun cluster n’a été identifié chez nous. On a supprimé les buffets pour servir à l’assiette, les personnels portent le masque et sont vaccinés. On ne peut pas faire plus. »
Un dépit partagé par Jean-François Solignat, traiteur à Chanat-La-Mouteyre. « On a refusé des prestations plein pot au mois de novembre et maintenant, on arrive à avoir des trous dans le planning. »

Comment se positionner sur les voyages à l’étranger avec la 5e vague de Covid-19 et l’agitation aux Antilles ?

Un début de mois de décembre inquiétant

Un quotidien en dents de scie particulièrement indigeste pour ce professionnel dont le chiffre d’affaires a chuté de 15 % en quelques heures. « On a des arbres de Noël annulés, des repas de CCAS, des vœux de mairie… Si on fait peur aux gens dès le début du mois de décembre, ça promet ! »
Si les consignes gouvernementales n’interdisent pas les réunions, la petite phrase d’Olivier Véran recommandant de limiter les rassemblements de plus de 50 personnes et de porter le masque en lieu clos a eu l’effet d’un coup de tonnerre auprès des métiers de bouche.

Recevez par mail notre newsletter éco et retrouvez l’actualité des acteurs économiques de votre région.

NL {« path »: »mini-inscription/MT_Decideur », »accessCode »: »14055230″, »allowGCS »: »true », »bodyClass »: »ripo_generic », »contextLevel »: »KEEP_ALL », »filterMotsCles »: »1|13|80|84|6973″, »gabarit »: »generic », »hasEssentiel »: »true », »idArticle »: »4055230″, »idArticlesList »: »4055230″, »idDepartement »: »282″, »idZone »: »30603″, »motsCles »: »1|13|80|84|6973″, »premium »: »true », »pubs »: »banniere_haute|article », »site »: »MT », »sousDomaine »: »www », »urlTitle »: »les-gens-ont-peur-avant-d-avoir-mal-les-annulations-se-multiplient-chez-les-traiteurs-du-puy-de-dome »}

« Je suis en colère. Je ne suis pas du genre à avoir le moral dans les baskets mais là, c’est trop. Dès qu’il y a la lumière au bout du tunnel, on nous la coupe ! » 

Selon l’Umih (Union des métiers de l’industrie et de l’hôtellerie) du Puy-de-Dôme, les professionnels seraient 65% à faire face à des annulations en cascade.
Désabusé, Nicolas Brugerolles, traiteur pour Création gourmande, raye commande après commande. « Depuis lundi, nous avons perdu 200 couverts. Depuis que l’État fait peur à tout le monde, les mairies annulent les repas par crainte de se faire taper sur les doigts. Par contre, on a le droit d’être entassés dans les transports en commun ou au supermarché, là ça ne pose de problème à personne ! »

65% des professionnels  du Puy-de-Dôme impactés

Un manque à gagner à venir certain dont toute une profession se serait bien passée. Et ce coup de frein n’épargne personne, comme dans ce restaurant haut de gamme du centre-ville clermontois, habitué aux tablées d’entreprises locales : «Ce matin, c’est une table de douze couverts qui vient d’être annulée pour la mi-décembre. » L’ultime mois de l’année ne semble déjà plus rien avoir de festif. « En temps normal, le téléphone sonne sans arrêt pour que l’on accueille des groupes de travail de groupes internationaux, des banques ou des laboratoires. Non seulement nous avons des annulations, mais en plus les demandes sont à zéro. » Une situation inédite qui désole ce chef de salle.

Des notes d’espoir

De ce début de cauchemar en cuisine reste peut-être une once d’espoir. Celle d’une solidarité qui résisterait aux inquiétudes sanitaires. « L’esprit de famille tient encore bon. Certaines petites entreprises locales ont envie de réunir leurs troupes. Les managers veulent garder ces liens particuliers autour des fêtes. Ils mangent déjà ensemble la semaine, quelle idée de vouloir les séparer en fin d’année ! » Ce constat de Bruno Champoux est appuyé avec espoir par Nicolas Brugerolles : « Certaines sociétés font tester leur personnel avant de se réunir autour d’un repas, d’autres veulent même aménager un espace en extérieur, histoire de ne pas totalement gâcher la fête. »

Carole Eon

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nouvelles récentes