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samedi, août 13, 2022

L’industrie lithique dormait dans des cartons… une partie des pièces est de retour à Vieille-Brioude (Haute-Loire)

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En son temps, le chantier de la déviation de Brioude – Vieille-Brioude avait fait, lui aussi, l’objet de fouilles préventives avant que les engins ne tracent le sillon de l’actuelle RN 102…
Retour en 1994. Les sondages mécaniques réalisés lors de la phase d’étude diagnostic, entre le 5 avril et le 15 mai, mettent en évidence l’existence d’une importante fosse funéraire d’époque gauloise à hauteur du Croizet, sur la commune de Vieille-Brioude. « L’intérêt scientifique de ce vestige nécessite la réalisation d’une fouille plus importante », écrit l’archéologue chargée d’études à l’AFAN (Association pour les fouilles archéologiques nationales),  dans « le rapport de sauvetage urgent ».
Le décapage, sur une superficie de 1.000 m² autour de la fosse gauloise révèle « l’existence d’une occupation plus complexe qu’initialement prévue ».

1. Une industrie lithique

Fortement marqué par la présence d’un alignement de gros blocs granitiques, le site cache « une industrie lithique importante. » La fouille minutieuse permet de recueillir « un échantillon de 94 pièces dont une pointe de flèche à ailerons, un éclat de quartz et 91 artefacts (objets façonnés par l’être humain) en silex ». Ces derniers « constituent un ensemble homogène attribuable au magdalénien (dernière phase du Paléolithique supérieur, NDLR). Le site recouvre une importance qui va au-delà du simple point sur une carte », car « sa localisation et son aspect de site de plein-air permettent d’apporter des éléments nouveaux à la dynamique de peuplement régional. »

 

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La pointe de flèche « à ailerons et pédoncules » a été retrouvée, isolée, dans la partie nord de la fouille.
Parmi les découvertes mentionnées dans le rapport, « un galet de quartz présentant des enlèvements centripètes sur l’une de ses faces. » Ce galet aménagé se rapporterait, lui, au Paléolithique inférieur (environ de – 800.000 à – 300.000).
L’outillage mis au jour au Croizet est « de petite dimension, aucune pièce n’excède 5 centimètres. »
Le groupe des burins, au nombre de onze et de nature variée, est « prépondérant. » Ils pourraient être « le reflet d’une activité spécialisée. »
Dans leur conclusion, les archéologues indiquent que l’industrie lithique du site du Croizet offre des caractéristiques semblables à celle d’Enval (Puy-de-Dôme). « L’outillage est de dimension réduite avec un débitage moins laminaire qu’au Magdalénien supérieur, ce qui peut être lié à une économie de la matière plus parcimonieuse. De plus, les burins constituent le quart de cet outillage. La pointe à pédoncules est typique du Magdalénien final du bassin parisien. Sa présence révèle certainement l’existence de contacts avec le Nord, qui sont attestés pour la même période dans des sites en amont de la vallée de l’Allier. Les gisements connus en amont (Blassac, Le Blot, Tatevin, Combrai, Béraud) sont tous des sites sous abris. Le Croizet revêt en conséquence un intérêt particulier en tant que site de plein-air. » Et sa situation, à l’entrée du Haut-Allier, dans un milieu peu encaissé, suit une voie pour accéder sur les plateaux.

2. La fosse funéraire

Repérée lors de la phase diagnostic, elle présente deux creusements de forme oblongue. Dans l’un, le remplissage est « un mélange de colluvions et de charbons de bois, dans lequel se trouvent quelques cailloux », et dans l’autre, « exclusivement des cendres et des charbons de bois ».
Le remplissage de cendres « présente un mobilier céramique et métallique important, des traces d’os incinérés et de macro-restes végétaux, qui ont conduit rapidement à interpréter cette fosse comme étant à vocation funéraire, d’époque gauloise ».

 

Il était une fois Lambdix. « Le convoi chemine vers Ressium (actuellement Saint-Paulien, NDLR). Parti de Gergovie depuis plusieurs jours, il vient de franchir l’Allier au gué de Fontannes. Le passage vers la Léproserie s’avère plus compliqué. Même si les eaux sont basses, il n’a pas plu depuis plusieurs jours, l’accès des berges est pentu, broussailleux et rocheux… » Il était une fois Lambdix, « un personnage imaginaire à consonance gauloise », héros d’une aventure construite « pour que les personnes qui se rendent au Musée de la Vigne, où sont installées les vitrines, comprennent ce qui s’est passé ici, explique Alain Moulhade, ancien maire de Vieille-Brioude et secrétaire de l’association. La brochure que nous présentons a été réalisée par le Musée de la Vigne, le Pays d’art et d’histoire du Haut-Allier, et les illustrations sont d’Agnès Deshors. C’est une histoire fictive entre le présent et le passé. » Le récit emprunte l’essentiel des éléments techniques au rapport de l’Association pour les fouilles archéologiques nationales. L’industrie du Croizet, à l’emplacement de l’échangeur de Costes-Cirgues, est instructive, car « elle témoigne d’une importante activité, probablement la toute première zone artisanale de la commune !  » Par Toutatis…

Quelque 856 tessons ont été prélevés, provenant d’écuelles, de vases, de bol et « d’une grande cruche de type Gergovie, à pâte blanche, anse rainurée, col droit lèvre ourlée ». Une première étude avait permis de définir « au moins vingt-deux formes complètes ». Quant à la datation, « la cruche de Gergovie et le vase peint sont suffisamment caractéristiques pour dater l’ensemble de la Tène D1, fin du IIe – début du Ier siècle avant notre ère ».

La plaine des Combes, près de Brioude (Haute-Loire) était déjà habitée il y a 4.000 ans

À ce mobilier céramique étaient joints quelques objets métalliques.

 

3. Des fouilles discrètes

« Quand j’étais maire, se souvient Alain Moulhade, nous avions été destinataire du rapport de sauvetage avant le début des travaux de la déviation de Brioude. » Puis les fouilles ont été réalisées visiblement dans la discrétion. « Cela n’avait jamais été évoqué », confirme l’ancien élu. « Quelques années plus tard, poursuit-il, j’ai reçu le rapport que j’ai mis de côté. » Un nouvel échange avec la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) lui permet de récupérer les pièces de l’industrie lithique retrouvées au Croizet, et stockées dans des cartons. Et à défaut des tessons de la fosse funéraire de Vieille-Brioude, la Drac remet à Alain Moulhade de la céramique semblable issue d’une fouille sur le plateau de Grenier-Montgon. Placées dans des vitrines sécurisées, toutes ces pièces sont réunies et visibles au Musée de la vigne. 

 

Jean-Luc Chabaud

 

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