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samedi, août 13, 2022

Meurtre de Gannat (Allier) : Douze ans de réclusion criminelle pour avoir abattu son beau-frère

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Troisième et dernier jour du procès. Place aux plaidoiries. Les représentants des différentes parties s’adressent aux jurés. Les mots résonnent dans la salle d’audience de la cour d’assises du Puy-de-Dôme. Forts, puissants, émouvants, saisissants…

« Non, il n’était pas un voyou ! »

Prostrée sur sa chaise devant son avocat, tête baissée, Sylvie Petel, l’accusée, ne laisse transparaître aucune émotion. L’esprit sans doute déjà tourné vers le verdict qui sera prononcé quelques heures plus tard. Un couperet judiciaire inéluctable auquel il va falloir faire face. Et ce, pour la deuxième fois après le procès en première instance.
Tandis que parmi le public les proches de Victorius Bocquet restent mutiques. Eux aussi. Les yeux rivés sur leur conseil, attendant « que la justice passe ». Eux aussi.
« Cela fait cinq ans que vous attendez un geste, un mot, un regard. Vous qui n’y êtes pour rien, qui ne connaissez pas la famille Petel, vous n’avez rien eu », se désole Me Renaud Portejoie, partie civile.

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L’avocat clermontois évoque ce fils, ce frère, ce père, surnommé « Patton », dont « la mémoire a été piétinée » trois jours de rang. « On a fait passer “Patton” pour un ultime salaud. Non, il n’était pas un voyou ! Son casier judiciaire ne comportait aucune mention pour violences et vous croyez qu’il s’est imposé tortionnaire à 38 ans ? Les réveillons de la famille de “Patton” résonnent désormais comme des funérailles… »Me Renaud Portejoie, partie civile.
Lors de son premier procès, en 2019, à Moulins, Sylvie Petel avait été condamnée à quinze ans de réclusion criminelle. La cour avait écarté la préméditation. Sur ce dernier point, l’avocat général Gérard Sentis est d’accord : « La volonté de tuer est plus liée à une réaction cette nuit-là qu’à une action réfléchie. »
Depuis le début de l’affaire, la défense invoque la légitime défense. « Elle a essayé de faire face à cet homme ivre qui a tenté de l’écraser. Chef de clan, venue défendre sa sœur et ses enfants, elle a répondu au mal par le mal », estime Me Mohamed Khanifar.

Quinze ans requis

Un point de vue partagé en rien par l’avocat général. « Lorsque Sylvie Petel est allée chercher cette arme, il était clair qu’elle n’était plus menacée. Le coup mortel ne se justifie à aucun moment. Elle est dans un vrai déni des faits par rapport à ce qui s’est passé. Or, il ne faut pas oublier qu’un homme a été tué d’une balle dans le dos. » Il requiert quinze ans d’emprisonnement.
« Quinze ans, c’est beaucoup quand on n’a fait que se défendre », réplique Me Khanifar, réclamant l’acquittement.

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Les trois heures et demie de délibéré passées, retour en salle d’audience. Le silence, toujours. De plus en plus pesant. Lorsque la sonnerie vient mettre un terme à cette interminable attente. La cour entre. Le verdict tombe : coupable de meurtre, sans préméditation. Condamnée à douze années de réclusion criminelle.
Sylvie Petel s’effondre sur sa chaise. Sans un mot. Elle va retourner en prison. À quelques mètres de là, la famille de « Patton » ne manifeste rien. Par pudeur, sans doute. De longues heures se sont écoulées, la justice est passée.

« On a souffert en silence ». Ils sont restés silencieux, sans aucune marque de protestation ou de colère tout au long des débats. Les membres de la famille de Victorius Bocquet – enfants, parents, frères – étaient nombreux à assister au procès en appel. Deux de ses frères sont venus « honorer sa mémoire » à la barre : « C’était le grand frère de la famille, un bon samaritain, blagueur, rigolo. Tout ce qu’on a entendu pendant le procès, ça fait mal au cœur. On n’a rien dit, on a souffert en silence. Le drame du 24 décembre, c’est atroce. Cela fait cinq ans que l’on ne fête plus Noël, c’est l’anniversaire de sa mort. On fait confiance à la justice. »

Julien Moreau

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