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samedi, août 13, 2022

«Ne vous indignez pas, réfléchissez!»

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TRIBUNE – Érigée en vertu cardinale et presque unique, l’indignation est devenue un fléau, explique l’essayiste. Plutôt que de nous abandonner à l’émotion permanente encouragée par les réseaux sociaux, retrouvons le goût de l’argumentation, de la démonstration et de la nuance, assurément plus exigeantes.

Olivier Babeau est président de l’Institut Sapiens (think-tank). Son dernier ouvrage paru est «Le Nouveau Désordre numérique. Comment le digital fait exploser les inégalités» (Buchet-Chastel, 2020).

L’indignation est partout. Après avoir fait le succès de librairie que l’on sait avec l’opuscule de Stéphane Hessel en 2010 (Indignez-vous!), elle est devenue l’air que l’on respire. La vision romantique de l’indignation est nourrie de l’esprit de résistance: en s’indignant, on répéterait l’acte courageux de ceux qui se sont dressés contre la barbarie, face à la masse résignée. Mais dans un monde où tout le monde s’indigne de tout et tout le temps, que reste-t-il du caractère exceptionnel du sursaut et de l’opportunité des combats menés? Érigée en vertu cardinale du siècle, l’omniprésente indignation ne s’est pas seulement banalisée: elle s’est muée en mécanisme pervers de sape de la société.

L’indignation, par nature, est plus émotionnelle que rationnelle. Elle est une réponse instinctive à une

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La liberté c’est aussi d’aller à la fin d’un débat.

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