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mercredi, août 10, 2022

Plusieurs candidats à l’Élysée soutiennent la décision de la Pologne de contester la primauté du droit européen

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Jeudi, la Cour suprême polonaise s’est prononcée contre la primauté du droit européen sur la constitution nationale.

La décision de la Pologne de décréter la primauté de son droit national sur le droit européen rejoint les propositions de plusieurs candidats à la présidentielle en France.

À six mois du scrutin présidentiel, Marine Le Pen a apporté vendredi son «soutien» à la Pologne alors qu’elle-même veut inscrire, dans la Constitution française, la primauté du droit national sur le droit européen et international, selon son projet de loi sur l’immigration qu’elle a présenté récemment.

Pour Marine Le Pen, qui ne veut plus sortir de l’UE ni de l’euro, tout texte international jugé contraire à la Constitution restera «inappliqué», si bien que la France n’aura «pas besoin de sortir» des traités.

À voir aussi – En dépit de la décision de la Pologne, l’UE s’engage à «faire respecter [ses] principes fondateurs» sur la primauté du droit européen

Éric Zemmour, son rival – qui n’est toujours pas candidat -, a dénoncé dans un communiqué «un coup d’État fédéraliste» contre la Pologne et estimé qu’il était «temps de rendre au droit français sa primauté sur le droit européen».

«Ce que vous proposez, en définitive, c’est le Frexit», «un retour en arrière de 60 ans dont nous payerions le prix fort», lui a répondu sur Twitter l’eurodéputée Agir Fabienne Keller, soutenue également par Clément Beaune :

Florian Philippot (Les Patriotes) rappelle toutefois que la Pologne n’a, encore, «rien fait du tout» :

Côté socialiste, le candidat et ex-ministre Arnaud Montebourg défend lui aussi dans un communiqué «la supériorité de la loi française sur les décisions européennes» : «L’affirmation par la Pologne de sa souveraineté nationale par le droit est un événement important. La France, qui ne partage pas les mêmes orientations politiques que la Pologne, devra néanmoins procéder à la même affirmation de la supériorité de ces lois sur les décisions européennes.»

Discours pro-souveraineté à droite

À droite, sans s’être prononcé sur les derniers rebondissements polonais, l’ancien négociateur du Brexit et candidat à l’investiture de LR Michel Barnier défend, à la stupéfaction de nombreux de ses anciens collègues à Bruxelles, la nécessité d’une «souveraineté juridique». Mais seulement en matière d’immigration, faisant valoir que «si on ne change rien, il y aura d’autres Brexit». Son rival ex-LR Xavier Bertrand propose pour sa part d’introduire dans la Constitution «un mécanisme de sauvegarde des intérêts supérieurs de la France. Lorsque ceux-ci sont en jeu, la souveraineté populaire doit primer».

La décision de la Pologne, «une attaque contre l’UE», selon le gouvernement français

La plus haute juridiction polonaise a déclaré jeudi que certains articles du traité de l’UE étaient «incompatibles» avec la Constitution polonaise et s’est prononcée contre la suprématie du droit communautaire européen. Une décision historique, «gravissime» selon le secrétaire d’État aux Affaires européennes Clément Beaune, qui pourrait menacer le financement par l’UE de la Pologne, voire son appartenance à l’Union.

Le président Emmanuel Macron, interrogé par le quotidien régional Midi Libre sur le point de savoir si la Pologne avait toujours sa place au sein de l’UE, a estimé que «l’Europe ne doit pas être un projet qui règle ses problèmes ou ses désaccords en excluant» : «Les juridictions européennes sont beaucoup critiquées actuellement, mais nous les avons voulues et nous avons souverainement décidé de les bâtir, c’est un travail de convergence des valeurs communes qui sont le socle de l’Europe», a-t-il ajouté, disant croire «à la tension assumée pour ramener au cœur du projet européen ces pays qui sont en train de diverger».

La Pologne et l’Union européenne sont en désaccord sur les réformes judiciaires introduites par le parti conservateur nationaliste au pouvoir Droit et Justice (PiS), qui, selon Bruxelles, menacent la démocratie et l’état de droit dans ce pays. La Commission européenne a averti vendredi qu’elle ferait «respecter» la primauté du droit européen en utilisant «tous ses pouvoirs» afin d’empêcher un effet boule de neige.

À voir aussi – Manifestation pro-européenne à Varsovie après la remise en cause de la primauté du droit européen par la Pologne

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