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mercredi, août 17, 2022

Que reprochent les anti-éolien au nouveau schéma départemental des énergies renouvelables de Creuse ?

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«Bidon ! » C’est le terme employé par l’un des porte-voix du collectif Alerte éoliennes 23 pour résumer l’intérêt du Schéma départemental des énergies renouvelables.

En phase finale d’élaboration, ce document a sans doute le mérite de remettre les choses à plat. Sans être opposable, il édicte des préconisations, balaye différents scenarii pour l’avenir…

Des attentes, et pschit !

Mais pas de quoi rassurer fermement les uns ou les autres, alors même que beaucoup de débats locaux sur le développement éolien ces derniers mois s’en remettaient à la publication prochaine de ce Schéma… Un effet pschit, en quelque sorte, que les opposants à l’éolien veulent souligner.

Pour mieux poser la question : “ne cherche-t-on pas à nous enfumer ?” C’est notamment ce que pense Anny Duperey, Creusoise célèbre qui a embrassé la cause. C’est aussi ce qui est suggéré dans la carte diffusée lors des manifestations.

Les antis grossissent-ils le trait ?

Les militants tâchent de la tenir à jour en quadrillant le territoire pour repérer des projets qui font l’objet de discussions, plus ou moins avancées, à l’échelle locale. Une méthodologie du “on-dit” certes discutable.

Mais qui permet d’aller au-delà de la vision nécessairement très formelle des pouvoirs publics, qui ne reflète que les dossiers arrivés au stade des procédures. Il se peut que les militants grossissent le trait comme il se peut qu’ils oublient aussi des projets…

Dans l’ouest creusois, les municipalité se rebiffent contre l’éolien

N’en reste pas moins une impression générale d’emballement depuis un an, aussi partagée par les élus locaux.

Pour les anti-éoliens pointe la satisfaction de voir que la population est de plus en plus sensibilisée sur ce sujet, alors qu’il restait jadis calfeutré dans quelques bureaux. Mais encore faut-il la mobiliser dans un domaine où, chacun le sait, on ne s’en préoccupe uniquement quand c’est devant sa porte…

Une impression générale d’emballement

Les antis affûtent donc un certain nombre d’arguments qui peuvent résonner chez tout le monde : ils appuient sur la différence d’implantation entre le cœur bordelais de la Nouvelle-Aquitaine (où il n’y a pas d’éolienne) et ses périphéries du Poitou et du Limousin (où elles sont quasiment toutes).

 

Ils insistent aussi sur le fait que la France n’a jamais fait évoluer la distance d’implantation réglementaire par rapport aux bâtiments, alors que la hauteur des éoliennes a pour sa part notablement augmenté. Si cette distance tampon évoluait même légèrement, il n’y aurait plus d’implantation possible en Creuse tant l’habitat y est dispersé, font valoir les militants… Et ça n’est pas dit dans le Schéma.

Comment atteindre l’autosuffisance ?

Celui-ci fait toutefois plusieurs fois écho à des « sensibilités jugées incompatibles » de la population, à des impacts sur les paysages, à la « consommation » d’espace.

Il s’attarde aussi sur des calculs savants pour déterminer ce qu’il faudrait implanter en Creuse afin d’atteindre l’objectif annoncé pour les décennies à venir : que les territoires consomment uniquement la quantité d’énergie qu’ils produisent, avec une part croissante de renouvelable.

La Creuse autosuffisante en énergies renouvelables en 2050 ?

Plusieurs scenarii sont envisagés pour y parvenir : du tout éolien (108 machines) au zéro éolien impliquant de faire porter les efforts sur le photovoltaïque et l’hydroélectricité. Une autre solution intermédiaire, mise en avant, est un mix avec 58 éoliennes de 2MW, 25 centrales et 400 hangars en solaire pour une surface d’une soixantaine d’hectares, 10 centrales hydroélectriques de 0,2 MW et 10 méthaniseurs de 0,28 MWe.

Vassivière, Eguzon : c’est la Creuse !

Cette projection théorique à partir d’éléments concrets est un exemple “d’enfumage” pointé par le collectif Alerte éoliennes 23. Car il fait lui aussi ses calculs, et discute les termes mêmes de l’équation. Notamment sur l’hydroélectricité.

Vassivière et Eguzon ne sont pas comptabilisés dans la contribution creusoise puisqu’ils se trouvent côté Indre et Haute-Vienne. Mais dans le raisonnement des militants, c’est pourtant bien l’amont qui “donne”. La Creuse donc. En décalant ainsi le regard, elle produirait ainsi plus d’énergie renouvelable qu’indiqué… Et n’aurait pas besoin de nouvelles éoliennes…

Floris Bressy
[email protected]

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