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lundi, août 15, 2022

Thérapies de conversion : la proposition de loi visant à les interdire examinée ce mardi à l’Assemblée nationale

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Après avoir fait plusieurs fois les frais d’un calendrier parlementaire surchargé, la loi visant à interdire les thérapies qui prétendent guérir l’homosexualité ou la transidentité sera examinée, ce mardi 5 octobre, par les députés. Une satisfaction pour Laurence Vanceunebrock, la députée LREM de la 2e circonscription de l’Allier, en première ligne sur le sujet depuis 2018.

Comment expliquez-vous qu’il ait fallu si longtemps pour que ce texte arrive dans l’Hémicycle ?

Laurence Vanceunebrock : « Le travail d’appréhension du sujet et de rédaction du texte a été plutôt rapide. C’est le travail pour persuader de la nécessité de légiférer qui a été beaucoup plus long. Cela a pris du temps de rendre ce texte indispensable du point de vue de la majorité, qui l’a finalement repris à son compte en début d’année.

La plupart de mes collègues n’étaient pas au courant de l’existence de ces pratiques, il a fallu faire de la pédagogie

Il a aussi fallu lui trouver une place dans un agenda parlementaire très contraint. Avec la crise des Gilets jaunes, puis le Covid, cela a été un peu compliqué. Je me félicite que le gouvernement m’ait laissé un temps de parole pour discuter de ces thérapies de conversion. Avec le bénéfice d’une procédure accélérée qui devrait permettre une promulgation ou en tout cas un vote complet de la loi d’ici la fin du mandat. »

L’année dernière, il avait été question d’intégrer votre texte à la loi « séparatisme ». Pourquoi une loi spécifique vous semble-t-elle nécessaire ?

« Il me semblait et il me semble toujours que ma proposition de loi n’a rien à voir avec le séparatisme. Certes, il y a des religieux qui pratiquent ces thérapies, mais cela ne découle pas d’une volonté de séparatisme. En ne reprenant que cette partie, on aurait écarté les thérapies sociétales et médicales. »

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Justement, quelles formes prennent ces « thérapies » ?

« Déjà, elles existent malheureusement toujours sur notre territoire. Dans le cas des thérapies sociétales, il arrive encore, par exemple, que des familles juives emmènent de force un gay ou une lesbienne se marier en Israël.

On a aussi eu le témoignage d’une victime qui nous a expliqué que sa mère, pour la faire changer d’identité sexuelle, la privait de nourriture, l’empêchait de manger à table avec le reste de sa fratrie, lui donnait des coups

Dans le cas des religions, cela peut prendre la forme de prêches répétés jusqu’à l’évanouissement ou d’exorcismes où des personnes nues sont aspergées d’eau bénite. Chez les médecins, c’est aussi une toute petite frange, mais on a eu des cas de psychiatres, qui ont placé des victimes sous perfusion d’antidépresseurs. Des cas aussi d’injections d’hormones ou de séances d’électrochocs. Des choses terribles. »

Pourquoi Eddy de Pretto et Hoshi ont affiché leur soutien à Laurence Vanceunebrock, députée de l’Allier, sur les réseaux sociaux

Quelles sanctions prévoit la proposition de loi ?

« L’infraction, quand elle sera créée, sera réprimée de peines allant jusqu’à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende. En cas de circonstances aggravantes, si un mineur est victime ou assiste à ces faits, la peine pourra être portée à 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende. »

Vous dites vous-même que vous sous-estimiez la problématique avant d’y être sensibilisée… 

« Clairement. Tout est parti en 2017 d’un message d’un jeune, qui m’a demandé de m’emparer du sujet sur les réseaux sociaux. Je lui ai d’abord fait part de ma surprise. Puis j’ai commencé à faire des recherches. Je n’imaginais pas que cela prenait une telle ampleur. Je l’ai découvert au fil des auditions et en rencontrant Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre, les auteurs de Dieu est amour, le livre tiré de leur expérience de journalistes infiltrés dans un groupe religieux. »

La députée de l’Allier Laurence Vanceunebrock s’engage sur le débat de l’homoparentalité (novembre 2017)

Propos recueillis par Michaël Nicolas

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