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samedi, août 13, 2022

«Toxicomanes et dealers vont se fixer autour des nouvelles salles de shoot»

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FIGAROVOX/ENTRETIEN – La mairie de Paris et le gouvernement se sont entendus sur l’ouverture de nouvelles salles de shoot dans la capitale. C’est désastreux pour les riverains, mais aussi pour les toxicomanes eux-mêmes, juge le président de l’association Parents contre la drogue.

Serge Lebigot est président de l’association «Parents contre la drogue».

FIGAROVOX. – Jean Castex a donné son accord pour l’ouverture de nouvelles «salles de shoot» dans la capitale. Qu’en pensez-vous ?

Serge LEBIGOT. – C’est une grave erreur, une fois de plus le gouvernement cède à l’idéologie d’Anne Hidalgo et ses amis, les Verts. Les toxicomanes et les dealers vont se fixer autour de ces nouvelles salles de shoot du fait du périmètre dit de sécurité où la police ne peut intervenir (en France il est fixé à 300 mètres). Dès lors que les autorités décident tacitement ou expressément que la police ne doit pas intervenir contre les atteintes à la loi sur les stupéfiants dans une salle de shoot ou à proximité, la légalisation de la consommation de drogues est un fait. Sans un tel accord, aucune consommation de drogues ne serait possible dans une salle de shoot. De surcroît, il serait manifestement contradictoire que des associations exploitent un tel local dans le même temps où la surveillance policière conduirait à des arrestations. Dans la pratique, les salles de shoot sont des espaces où les lois sur les stupéfiants, en vigueur partout ailleurs dans la société, sont nulles et non avenues. Je suis surpris que Gérald Darmanin qui combat la consommation de cannabis autorise la consommation de crack ou autres drogues.

Je ne crois pas qu’en donnant aux gens ce dont ils ont envie, on fera naître en eux une envie de changer.

Serge Lebigot

Quel est le profil des toxicomanes qui s’y rendent ? S’agit-il d’une promotion et d’une incitation à la consommation de drogues ? Ces salles ne sont-elles pas pour ces toxicomanes un progrès en matière sanitaire ?

En réalité peu de toxicomanes fréquentent les salles de shoot, la plupart du temps ce sont des injecteurs (héroïne, cocaïne). Ce que veut créer Anne Hidalgo, ce sont des salles de crack. Le résultat va être catastrophique pour ceux qui vont vivre autour. Au vu de l’état d’un grand nombre de crackers qui relèvent de la psychiatrie, je ne suis pas sûr que beaucoup d’entre eux fréquenteront ces salles de shoot.

C’est une incitation à la consommation de drogues. Le gouvernement va contribuer à la dépendance des toxicomanes. C’est une résignation totale, en clair le gouvernement et Anne Hidalgo disent aux toxicomanes «vous êtes incurables, et nous allons utiliser des ressources afin que vous puissiez continuer à vous droguer, dans un environnement plus contrôlé». Au lieu de cela, la société devrait dire aux toxicomanes «vous pouvez changer votre vie, nous allons vous y aider. Nous allons proposer à tout toxicomane volontaire un traitement et des soins pour se libérer de la drogue.»

De nombreux professionnels des thérapies axées sur l’abstinence estiment que l’installation confortable des toxicomanes dans leur dépendance leur enlève toute motivation pour entreprendre un sevrage et un traitement de réhabilitation. On lui dit en quelque sorte : «Je te donne ce qu’il faut, mais fiche-moi la paix !». Je ne crois pas que la société doive délivrer un tel message, comme je ne crois pas qu’en donnant aux gens ce dont ils ont envie, on fera naître en eux une envie de changer.

La motivation des toxicomanes à suivre un sevrage – puis un traitement de réhabilitation – est sérieusement affectée par les salles de shoot.

Serge Lebigot

Le dispositif est encadré par du personnel de santé. Cette présence ne peut-elle pas aider à combattre l’addiction ?

Il suffit de regarder les chiffres de la salle de shoot de Lariboisière, combien de toxicomanes ont décroché ? Zéro !

Que ce soit en Australie comme au Canada on estime à moins de 1% les toxicomanes fréquentant les salles de shoot qui ont décroché de la drogue. En réalité, les salles de shoot contribuent à affaiblir les thérapies axées sur l’abstinence. La motivation des toxicomanes à suivre un sevrage – puis un traitement de réhabilitation – est sérieusement affectée par les salles de shoot.

Combien coûte une salle de shoot ? Cette somme aurait-elle pu être employée plus efficacement ?

Le coût d’une salle de shoot varie entre 1.000.000 et 1.200.000 €. Avec cette somme on pourrait créer de nombreux centres de sevrage et de soin (communautés thérapeutiques).

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