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samedi, août 13, 2022

Une borne de téléconsultation ouverte à tous, sept jours sur sept, au sein de la résidence Domitys de Montluçon (Allier)

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Ce n’est peut-être qu’une goutte d’eau, mais une goutte d’eau bienvenue face au désert médical qui a encore gagné du terrain dans le bassin de Montluçon (Allier) avec la fermeture du centre de santé de Bien-Assis, fin juin.

Pour lutter à son niveau contre les difficultés d’accès aux soins, la résidence Domitys “Les Rives du Cher” vient de s’équiper d’une borne de téléconsultation. En service depuis la fin du mois d’août, elle est bien sûr destinée à la centaine de seniors qui vivent sur place, mais elle est également accessible au grand public.

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En accès libre sept jours sur sept et sans rendez-vous

La borne en question, développée par la société Medadom, permet à tout patient, dès l’âge de 3 ans, d’entrer en relation avec un médecin généraliste sept jours sur sept, de 8 heures à 20 heures et sans rendez-vous.

Pour les personnes extérieures à la résidence, il suffit de se présenter à l’entrée et de sonner pour être ensuite orienté vers la salle où l’équipement a été installé.

Medadom peut s’appuyer pour l’heure sur une centaine de médecins généralistes, essentiellement basés en Ile-de-France.

« Ce ne sont pas des médecins qui font cela à plein temps. Ils ont une activité hybride avec une patientèle qu’ils reçoivent en présentiel, mais ils ont aussi fait le choix de consacrer une partie de leur temps à la téléconsultation », explique Laurent de Traverse, le directeur développement des collectivités territoriales de l’entreprise.

Créée en 2017 par deux médecins, la société Medadom a déjà installé 2.000 de ses bornes dans toute la France. « Dans des pharmacies, mais aussi des mairies, des CCAS, des maisons France services ou encore dans des hôpitaux », liste Laurent de Traverse. Sur le bassin montluçonnais, une deuxième borne est accessible depuis le début du mois à la pharmacie de Saint-Victor.

Un temps d’attente moyen de dix minutes

Une fois installé devant la borne, et après nettoyage de cette dernière Covid oblige, le patient devra attendre en moyenne dix minutes avant de voir un médecin apparaître sur l’écran.

« C’est même moins en général, mais il peut aussi y avoir des pics de consultation et un temps d’attente qui peut monter jusqu’à un peu plus d’un quart d’heure », indique le Dr Patrick Vidal, consultant pour Medadom.

Dans tous les cas, la machine indique très clairement le temps d’attente.

Le fonctionnement de la borne

Il est assez simple. Le nouveau patient doit se munir de sa carte vitale (car la téléconsultation est prise en charge par la Sécurité sociale) et d’un numéro de portable. Cela lui permet de créer un compte et surtout d’obtenir par SMS un code à quatre chiffres qu’il devra rentrer dans la borne pour activer la consultation.

La borne est équipée de 6 objets que le médecin peut demander au patient d’utiliser pendant la consultation. Trois sont en libre service, donc possiblement hors consultation : un tensiomètre, un thermomètre et un oxymètre. Trois autres sont disponibles à la demande du généraliste : un dermatoscope, un stéthoscope et un otoscope.

Dernier outil, non moins utile, la borne est équipée d’une imprimante pour d’éventuelles prescriptions.La borne est équipée de plusieurs outils dont un thermomètre ou encore un dermatoscope

Pour des soins dits de “dépannage”

Tous les intervenants y insistent, « la borne n’est pas là pour remplacer les médecins traitants ». « Elle est là pour apporter une solution complémentaire pour des soins de dépannage », indique Séverine Bégin, la directrice de la résidence Domitys de Montluçon.

Par exemple pour avoir un avis médical ou un renouvellement d’ordonnance en cas d’absence de son médecin. Ou pour ne pas se ruer directement vers les urgences pour des maux de tête, de gorge, une infection urinaire ou des problèmes digestifs.

« C’est important pour nous de pouvoir proposer ce service à la population compte tenu de la problématique d’accès aux soins, mais aussi à nos résidents dont 15 % n’ont plus de médecin référent »

Stéphane Bruneau (directeur partenariat de Domitys)

« Comme nos résidences ne sont pas médicalisées, la borne peut nous conforter dans notre choix de prise en charge pour les résidents avant, par exemple, d’appeler le 15 », prolonge Séverine Bégin.

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Un service bien accueilli par les soignants

Depuis l’installation de la borne, des cessions d’information ont été organisées et vont encore être organisées à destination des médecins, pharmaciens, infirmiers et structures de soins du bassin de santé.

« On intervient trois fois par jour pour des soins à Domitys, expliquent Fabienne Gravier et Régine Chazard, infirmières libérales à Montluçon. C’est rassurant d’avoir des outils comme celui-ci, car on est de plus en plus confronté au manque de médecins et on se retrouve parfois dans la situation de devoir envoyer des personnes vers les urgences pour rien. Je pense qu’on va pouvoir l’utiliser rapidement. »

Les urgences du centre hospitalier de Montluçon-Néris-les-Bains l’ont déjà fait. Depuis la mise en service de la borne, cinq patients ne présentant pas de caractère d’urgence ont ainsi été orientés vers la résidence.

La borne mise en service aux Rives du Cher est la douzième à être implantée dans une résidence Domitys. Il en existe notamment à Calais, Blois, Combs-la-Ville, Perros-Guirec, Agen, Abbeville ou encore à Saint-James. Domitys explique que son but “à terme, est de proposer ce service dans toutes ses résidences”, soit plus de 130 en France.

Texte : Michaël Nicolas

Photos : Florian Salesse

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