33.5 C
Vichy
samedi, août 13, 2022

Une étude de l’UFC Que Choisir remet en cause le label AOP pour le saint-nectaire et le cantal

sur

L’UFC-Que Choisir a fait procéder à l’analyse des cahiers des charges de huit Appellations d’origine protégée (AOP) fromagères et de quatre filières viandes sous Label Rouge, afin de vérifier si les critères définis pour les zones et les conditions de production « sont à la hauteur des exigences de ces signes officiels ».

Conclusion ? L’association de consommateurs  estime « qu’à rebours des promesses de terroir pour l’AOP et de qualité supérieure pour le Label Rouge, les résultats révèlent en réalité qu’une proportion significative des produits étudiés ne devraient pas bénéficier des labellisations officielles. » Et de pointer, pour les fromages AOP, un « terroir en défaut pour le saint-nectaire, le cantal et le munster. »

Saint-nectaire, cantal et munster

Si, détaille l’association de consommateurs, « les cahiers des charges étudiés permettent de garantir un réel lien au terroir grâce aux exigences que les professionnels ont définies pour 5 des AOP étudiées : abondance, camembert de Normandie, laguiole, picodon et salers, en revanche, pour les trois autres – saint-nectaire, cantal et munster- les productions d’entrée de gamme se révèlent très peu différentes des productions industrielles sans AOP. En particulier, leurs cahiers des charges autorisent le lait pasteurisé et l’ensilage (NDLR, méthode de conservation des fourrages par acidification passant par la fermentation lactique anaérobie d’un fourrage humide) et manquent d’exigences formelles sur les races de vaches », tranche UFC-Que Choisir.

Recevez par mail notre newsletter éco et retrouvez l’actualité des acteurs économiques de votre région.

NL {« path »: »mini-inscription/MT_Decideur », »accessCode »: »14019920″, »allowGCS »: »true », »bodyClass »: »ripo_generic », »contextLevel »: »KEEP_ALL », »filterMotsCles »: »1|2|3|4|5|6|7|9|13|81|108|1664″, »gabarit »: »generic », »hasEssentiel »: »true », »idArticle »: »4019920″, »idArticlesList »: »4019920″, »idDepartement »: »294″, »idZone »: »35496″, »motsCles »: »1|2|3|4|5|6|7|9|13|81|108|1664″, »premium »: »true », »pubs »: »banniere_haute|article », »site »: »MT », »sousDomaine »: »www », »urlTitle »: »une-etude-de-l-ufc-que-choisir-remet-en-cause-le-label-aop-pour-le-saint-nectaire-et-le-cantal »}

Nous nous sommes basés avec des experts de l’Inrae sur trois critères : le lait – cru, pasteurisé ou thermisé ; l’ensilage, autorisé ou non ; et la race de la vache. Cela ne veut pas dire que tous les producteurs de saint nectaire, cantal et munster font de la production standard et se rapprochent de la production industrielle. Mais ça veut dire que derrière un même signe peut se cacher des fromages qui vont s’affranchir des trois critères déterminants.

Alain Bazot (Président de l’UFC-Que Choisir )

Sébastien Ramade, président de l’interprofession AOP saint-nectaire, relativise l’impact de cette étude, qui selon lui concerne le saint nectaire laitier et pasteurisé et non le saint nectaire fermier. « On sait que notre point faible, c’est le pasteurisé. Or, il faut savoir que le saint nectaire fermier prend de plus en plus le pas sur le pasteurisé, lequel permet d’avoir des marchés comme la restauration hors foyer et de l’exportation auquee saint nectaire fermier n’a pas droit. On est aujourd’hui à 8.000 tonnes de fermier et le laitier n’est plus qu’à 6.000 tonnes alors que c’était l’inverse il y a dix ans. » Reste que le président de l’AOP digère mal la critique sur l’ensilage. « Cela me gêne beaucoup car l’alimentation des vaches c’est uniquement l’herbe naturelle  qui provient de la zone d’appellation. L’ensilage est donc autorisé, mais à faible quantité.  L’objectif, c’est d’arriver au tout foin d’ici quelques années, mais il faut que les gens puissent s’adapter. Pour les vaches, enfin,  le but est de passer en race locale (ferrandaise). » 

Label rouge : « qualité absente pour le porc »

L’association de consommateurs évoque également pour les viandes Label Rouge « la qualité supérieure absente pour le porc. Si le Label Rouge est mérité pour les filières volailles et bœuf, il ne l’est pas en revanche pour les productions qui se contenteraient des exigences minimalistes définies pour le porc Label Rouge, des critères importants pour la qualité supérieure tels que la race et l’accès des animaux à l’extérieur étant insuffisamment pris en compte dans les cahiers de charges étudiés. »

Pour l’UFC-Que Choisir, cette « incapacité des signes officiels de la qualité et de l’origine (SIQO) à garantir aux consommateurs une information pertinente sur les caractéristiques et qualités des produits labellisés résulte d’un dysfonctionnement majeur du système français de certification. En effet, l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO), établissement public censé garantir la conformité des SIQO, ne peut contraindre les professionnels à faire évoluer les cahiers des charges de leurs produits. Au sein de l’INAO, les comités chargés de l’examen des cahiers des charges comptent une écrasante majorité de professionnels au détriment des représentants de l’administration et des consommateurs. Enfin, la quasi-totalité des contrôles pour vérifier la conformité des produits est déléguée à des organismes de contrôle très liés aux professionnels de la filière. »

Le label Haute valeur environnementale (HVE) épinglé

Enfin, l’UFC-Que Choisir, Greenpeace France et le WWF France épinglent le label Haute valeur environnementale (HVE), qui permet de bénéficier des aides des « écorégimes » de la nouvelle politique agricole commune (PAC), au même titre que l’agriculture biologique.

« Si on note un impact positif modéré pour la qualité des sols, on relève en revanche des bénéfices faibles et peu avérés sur les critères de santé humaine et environnementaux (ressources en eau, biodiversité, qualité de l’air, climat…). 

« Désirant que les labels alimentaires puissent véritablement servir de repères et de fléchage », les trois associations demandent dans leur étude « que les pouvoirs publics suspendent le soutien public à la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) tant que le cahier des charges n’a pas été révisé. »

Des produits agroalimentaires de plus en plus riches… en labels vertueux

Nicolas Faucon

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nouvelles récentes