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samedi, août 13, 2022

Une journée nationale des aidants familiaux ce mercredi 6 octobre à Aurillac (Cantal)

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Les Vernières. Un hameau de Saint-Mamet-la-Salvetat. La maison de la famille Caldefie apparaît grande aujourd’hui. Elle a vu grandir trois enfants dans ce coin préservé de Châtaigneraie. Cédric est l’aîné de la fratrie. 39 ans au compteur. Puis il y a Carine, 37 ans et Christelle, 34 ans.
Sur les murs du salon, pas de reproduction de tableau de grand maître, ni de paysages cantaliens. Des photos, de nombreuses photographies des enfants, des cinq petits-enfants (de 11 à 2 ans). Des visages souriants, parfois édentés, d’enfants grandissant dans une famille aimante.

Quand Chantal Caldefie ouvre la porte, c’est avec un large sourire. Dans le salon, devant la télévision allumée mais muette, Cédric est assis dans son fauteuil. L’ancien bûcheron à la carrure de pilier de rugby est, lui aussi, souriant. Et du haut de ses 60 ans, et de son expérience, Chantal commence à raconter, à expliquer l’histoire… « Cédric a d’abord eu un accident en décembre 2014. Un arbre lui est tombé dessus. Il a fait dix jours de coma ». Quelques mois plus tôt, c’est le mari de Chantal qui décède. Un peu plus d’un an après, Cédric a retrouvé son autonomie et intègre la commune, en tant qu’agent technique. « Et puis un soir, on a mangé tous ensemble. Et le lendemain matin, il a fait un AVC ». C’était en février 2020.

 

« C’est mon fils. Il était hors de question que je le laisse dans un centre. Je ne veux qu’une chose, que Cédric soit bien. »

Chantal Caldefie (empty)

« Je ne me suis pas posé la question. Quand je l’ai récupéré en octobre 2020, après des mois d’hospitalisation, je me suis occupé de lui. Et à ceux qui me disaient “tu ne vas pas y arriver, tu ne vas pas t’en sortir”, je leur répondais “et en quoi ça vous regarde ?”. C’est mon fils. Il était hors de question que je le laisse dans un centre. Je ne veux qu’une chose, que Cédric soit bien ». Et pour Chantal, son fils ne sera bien que chez lui, dans la maison familiale.
Alors, le rez-de-chaussée de la maison familiale est repensé. La chambre du fils est aménagée. Des travaux sont réalisés dans la salle de bain et les toilettes pour que Cédric puisse y accéder. Des portes sont élargies, pour laisser passer le fauteuil roulant. Le jardin a également été agrémenté d’un dallage traversant la pelouse. « Nous avons eu des aides, qui ont couvert environ 80 % du montant des travaux », précise Chantal.

 

Le quotidien de Cédric est rythmé par les visites. « On commence par le lever, puis le petit-déjeuner, la toilette et c’est la visite du kiné, tous les jours. Et puis, nous avons les auxiliaires de vie qui viennent ». Cinq femmes de l’ADMR, « ce sont mes valeurs sûres » commente Cédric avec un large sourire. « Je ne voulais pas qu’il y ait plus de personnes différentes qui viennent », insiste Chantal.

« Il faut qu’ils voient le “p’tit gros” », lance en riant Cédric à sa maman. Et un bouvier de 70 kg, aussi imposant que doux, fait son apparition dans le salon. Ranger, c’est son nom, bientôt accompagné de Belle, une femelle beauceron. « On s’est dit que ça lui ferait du bien d’avoir un chien ».

 

« Ce qui est fatigant, c’est de se battre en permanence pour les aides, les démarches. C’est compliqué et moralement c’est épuisant ». Mais « j’essaie de prendre un peu de temps pour moi. A la Maison des familles, je trouve l’aide au répit, et les cours de yoga. Cela permet de rencontrer d’autres personnes, d’échanger », explique Chantal. Qui s’est aussi appuyée sur une autre structure, Appui Santé 15.

Mais ce qu’elle regrette le plus, « C’est le manque d’information en général. Sur ses droits, sur les aides ». Puis Chantal tourne la tête, regarde Cédric, lui caresse la joue. Et sourit. 

 

« L’Udaf est la maison de toutes les familles »

« Dans notre nom, il y a Union. On fait un travail en réseau au niveau national. C’est un travail de longue haleine, un travail de fond. Si, en France, il n’y avait pas le travail des associations, on aurait une société difficile à vivre », explique Pierre Frenois, président de l’Udaf du Cantal depuis 2010. L’Udaf rassemble les associations familiales. Et dans le Cantal, « la vision de la famille est plutôt traditionnelle », constate le président. Mais le monde change, évolue. Et l’Udaf s’adapte et suivra les évolutions de la société. « Ce n’est pas pour rien si nous avons ajouté, il y a quelques années, le mot Universalisme dans nos valeurs. Nous accueillons toutes les familles, quelles qu’elles soient. On n’est pas là pour faire de la ségrégation d’aucune sorte ! » martèle Pierre Frenois.

 

Pierre Frenois est président de l’UDAF 15 depuis 2010. Photo Bruno-Serge Leroy

La journée des aidants, le programme

Organisée une fois l’an depuis 2010, la journée nationale des aidants se décline localement à la Maison des familles, à Aurillac.
Trois rendez-vous sont programmés à Aurillac, à la Maison des familles. A 14 heures, un atelier théâtre animé par Phlippe Coudert, comédien et animateur de théâtre forum. « C’est un atelier que nous le premier mercredi du mois. Ce sont des petits jeux de théâtre, un moment pour les aider, un moment participatif, d’échanges », détaille Lucile Picaud-Spaletta, coordinatrice.

Les cours de sophrologie pour les aidants, très suivis, sont animés par Elsa Drouet, sophrologue et professeure de yoga. Photo Jérémie Fulleringer

A 16 heures, vernissage de l’exposition Aider un proche, portraits et témoignages des aidants du Cantal. Les photographies sont de Joseph Boilon, et les textes sont le résultat d’un atelier d’écriture avec les aidants. Très émouvant.
Enfin, à 17 heures, conférence animée par Janny Van Liempd, psychothérapeute : « Quand aimer devient aide, que devient l’amour ? ».

Sylviane témoigne de son quotidien d’aidante familiale

Mais la Maison des familles propose toute l’année des ateliers, des rencontres, des animations destinés aux aidants. La Maison des familles est aussi une plateforme d’accompagnement et de répit des aidants. « En 2020, nous avons reçu 370 appels, explique Marie-Christine Gazal, l’animatrice de la plateforme. Les aidants appellent surtout pour être écoutés (46 % des appels), et pour demander une aide et des renseignements ». La majorité des appels (70 %) vient de l’arrondissement d’Aurillac. L’année 2020 a été particulière, et les confinements ont accru l’isolement des aidants : « Ceux qui avaient leur proche à domicile, sans possibilité de solution de répit. Et ceux dont les proches étaient hospitalisés ou en établissement qui se voyaient privés de contact. La plateforme a été très sollicitée durant ces périodes ». Cette journée est gratuite, ouverte à tous. Port du masque obligatoire. 

Bruno-Serge Leroy

Pratique. La Maison des familles (Union départementale des associations familiales du Cantal) est située au 45, avenue de la République à Aurillac. Elle est ouverte du lundi au jeudi de 9 heures à midi et de 14 heures à 17 heures, vendredi de 9 heures à midi. Tél. 04.71.43.43.43 (accueil et plateforme). Site : www.udaf15.fr

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