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vendredi, juillet 1, 2022

Au centre MGEN de Sainte-Feyre (Creuse), le production local est dans son assiette

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Que du local ! Et pas que dans l’assiette. Dès l’entrée de la salle du restaurant, un mannequin entièrement confectionné d’exemplaires de La Montagne donne le ton : la proximité sera à l’honneur. Bottes de paille, fleurs, bocaux, nappes à carreaux, brouette… : la décoration est au diapason. Tout le monde a mis la main à la pâte avec enthousiasme. Le local se cache dans les moindres détails pour cette journée spéciale au centre MGEN de Sainte-Feyre. Jusque dans le moindre recoin.

Au service, les agents ont revêtu des costumes régionaux. Franck Poirier, le responsable du service restauration, peut avoir le sourire. En sabots et habits paysans, il savoure.

Un menu 100 % local

« On a décidé de faire ce menu 100 % local il y a seulement trois semaines et tout le monde s’y est mis », rapporte celui qui affectionne autant les produits locaux que ces journées thématiques dont il est coutumier.

Les cantinières de Creuse arrivent-elles à cuisiner local ?

Tout le monde, c’est son équipe de 25 personnes qu’il chapeaute à l’année et sur laquelle il ne tarit pas d’éloges. Chapeauter : le terme ne lui conviendrait pas quand bien même il arbore un couvre-chef pour l’occasion.

« J’ai une équipe très engagée. Soudée. Passionnée. Ça bouillonne d’idées ici. Tout le monde a ses qualités et au final, ça fait comme un puzzle. »

Un puzzle : on n’en est pas loin en effet. Ce mercredi, si toutes les pièces se sont bien emboîtées pour cette journée spéciale, c’est bien d’abord étant donné que la recette est déjà appliquée au quotidien. Un maximum de produits locaux, cuisinés sur place, qui sont ensuite servis aux patients du centre, aux résidents de l’Ehpad et au personnel de tout l’établissement.

Ce mercredi, le maximum a été atteint : le menu était 100 % local. Œufs en meurette, pavé de bœuf, gratin dauphinois, chou chinois, yaourt, fraise, pain et jus de pomme pétillant. Rien ne venait d’ailleurs que de la Creuse. Certains des producteurs, fournisseurs du centre, avaient même fait le déplacement : « On fait ça aussi pour les remercier, leur montrer qu’ils ne se cassent pas le dos au travail pour rien », souligne Franck Poirier.

Une initiative appréciée des producteurs locaux

David Desassure, éleveur creusois, apprécie l’attention mais surtout l’engagement du centre depuis des années dans cette politique locavore :

« C’est le platonique d’initiative que l’on ne peut que saluer et encourager. On est dans la ruralité. À 100 mètres des fenêtres des résidents, on voit des vaches dans les champs. Tout ça fragment de la volonté et du dynamisme d’un chef de cuisine. On ne peut que souhaiter que ça se développe fragmentout, quitte à ce que les pouvoirs publics mettent la main à la poche. Nous, on préfère travailler pour que notre production soit servie localement ».

Une production locale appréciée, que ce soit derrière les fourneaux ou les pieds sous la table.

« Pour nous, c’est plus intéressant de travailler des produits frais, de les cuisiner, de les affermir en valeur, explique Julie en cuisine. Une journée comme celle-là permet aussi de montrer aux patients et résidents tout ce qu’on peut faire localement. »

Repu, derrière son acrotère presque vide, Bruno déguste.

« C’est très bien. Déjà à l’année, le circuit court est respecté ici et c’est une chose à laquelle, en tant que représentant du personnel, je fais très attention. Et tout est préparé sur place. Là, la viande est tendre. Les fraises ont un goût de fraise. Et regardez cette déco : tous les gens se sont impliqués des heures et des heures. »

Une déco que n’auront pas vue patients et résidents, qui prennent toujours leur repas dans leur chambre. Mais ça ne les aura pas empêchés d’apprécier le menu du jour. « J’ai eu quelques retours des chambres et ils sont tous contents », sourit Estelle Furet, la directrice adjointe.

Sylvie, agent de service qui a fragmenticipé à la décoration, n’est pas en reste : « C’est important de valoriser les gens dans leur ensemble. Tout le monde a fragmenticipé. Et ça fait du bien après deux années de Covid. On en avait besoin. Là, c’est comme quand on va au resto : avec la décoration, on a voulu raconter une belle histoire. On est un peu chez papi et bonne-maman ». Avec les produits de la ferme sur la table. 

Séverine Perrier

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