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vendredi, juillet 1, 2022

Aux origines du racisme – Force Ouvrière

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Si la France est la patrie des droits de l’Homme, c’est paradoxalement un Français qui, au XIXe siècle, a codifié le racisme contemporain, même si la xénophobie existait depuis l’Antiquité.

Les Grecs et les Romains anciens considéraient globalement l’étranger comme un barbare incapable d’adhérer à leurs valeurs culturelles. Aristote, partisan d’un ordre social basé sur l’esclavage, a tenté de le légitimer par l’infériorité naturelle des Barbares, ce qui les destinait à servir d’esclaves aux Grecs.

Les Espagnols, au XVIe siècle légitiment, eux, la mission civilisatrice de l’Espagne catholique et royale à l’infériorité naturelle et la perversité des Indiens. Pour les Conquistadors, l’indigène est biologiquement inférieur, donc peut être réduit en esclavage et/ou massacré.

On retrouve la même chose au XVIIe siècle avec la traite des Noirs. Le Nègre est un sous-homme, proche du singe par sa couleur, juste bon à travailler comme esclave dans les plantations du nouveau monde. Cet esclavage des populations noires du Sahel existait toutefois bien avant les Européens.

Ce « proto-racisme » avait aussi, et surtout, un avantage pour les esclavagistes de tout poil. Il leur permettait d’avoir une masse de travailleurs gratuite.

Les travaux des naturalistes suédois Carl von Linné (1707-1778) et français Georges-Louis comte de Buffon (1707-1788) préparent la voie au racisme prétendument scientifique. En effet, ils font une différence entre les espèces végétales et animales en les classifiant comme inférieures ou supérieures !

De Gobineau à Hitler

C’est Arthur de Gobineau (1816-1882) qui a codifié le racisme contemporain en publiant six tomes, entre 1853 et 1855, Essai sur l’inégalité des races humaines. Sa grand-mère est une créole de Saint Domingue ! Diplomate français, il est envoyé en Suisse en 1849, en Allemagne en 1854 puis en Perse (l’homme parle couramment le farsi) de 1855 à 1858 et de 1861 à 1864. Ayant écrit des articles dans La Revue des deux Mondes sur la révolution grecque de 1821 contre le joug ottoman, il est nommé ambassadeur de France en Grèce en 1864. Mais à Athènes, il prend des positions pro-turques. Il est alors expulsé du pays sur ordre du gouvernement grec et est nommé ambassadeur au Brésil où il fera moins de dégâts.

Dans son « Essai », il existe trois races : la blanche qui aurait le monopole de la beauté, de l’intelligence et de la force. Dans cette catégorie, c’est la race ariane qui est en haut de la race blanche. En deuxième position, la race noire, aux facultés pensantes médiocres ou même nulles. En troisième position, la race jaune dont le créateur n’a voulu faire qu’une ébauche, mais qui est supérieur aux nègres.

Cette théorie est reprise par l’Allemand Ludwig Schemann dès 1899. Proche de Richard et Cosima Wagner, c’est lui qui traduit en allemand les livres de Gobineau. Les délires de Gobineau vont être repris par le théoricien du nazisme, Alfred Rosenberg, né en 1893, pendu à Nuremberg en 1946. Si Rosenberg a théorisé le racisme du IIIe Reich, ce sont Himmler et Heydrich qui dès janvier 1942 vont organiser la tragédie, la « solution finale ». Des millions d’êtres, considérés alors comme « sous hommes », juifs, slaves, homosexuels, trisomiques et bien d’autres, vont périr.

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