17.5 C
Vichy
vendredi, juillet 1, 2022

Comment une ancienne psychologue du travail à la Manu de Tulle est devenue prof de danse orientale à Brive

sur

Le fusil Famas, le char Leclerc… Monique, Mona Boudou a bien connu ces emblèmes de la Manufacture d’armes de Tulle pour y avoir exercé plus de quinze ans le métier du psychologue de travail. Elle est devenue « nez noir » (c’est ainsi qu’on appelait les employés de la Manu, N.D.L.R.) en 1974, à l’époque où celle-ci employait plus de 1.700 personnes !

Une équipe de copains

Elle se souvient d’une ambiance de travail très familiale. « On a été une équipe de copains. À l’époque, j’étais même la rédactrice en chef du petit journal de la Manu.» Le matin, avant de commencer le travail, un rituel immuable avait lieu au pied des ateliers, celui du casse-croûte. « Les gars arrivaient et ils ouvraient leur torchon avec le vin et le saucisson… » Les nez noirs étaient souvent mi-ouvriers, mi-paysans.  « À la période de foins, il n’y avait plus grand monde dans les ateliers, à la saison des champignons non plus. »

Une fiche du poste impossible à établir

Recevez par mail notre newsletter loisirs et retrouvez les idées de sorties et d’activités dans votre région.

NL {« path »: »mini-thematique-inscription », »thematique »: »MT_Loisirs », »accessCode »: »14110987″, »allowGCS »: »true », »bodyClass »: »ripo_generic », »contextLevel »: »KEEP_ALL », »filterMotsCles »: »1|12|54|55|1951″, »gabarit »: »generic », »hasEssentiel »: »true », »idArticle »: »4110987″, »idArticlesList »: »4110987″, »idDepartement »: »237″, »idZone »: »11384″, »motsCles »: »1|12|54|55|1951″, »premium »: »true », »pubs »: »banniere_haute|article », »site »: »MT », »sousDomaine »: »www », »urlTitle »: »comment-une-ancienne-psychologue-du-travail-a-la-manu-de-tulle-est-devenue-prof-de-danse-orientale-a-brive »}

Parmi les fiches de différents postes à la Manufacture d’armes, Mona Boudou n’a jamais réussi à établir celle d’une élite ouvrière, les dresseurs des canons. Et pour cause, ceux-ci travaillaient uniquement « à l’œil ». Grâce à leur acuité visuelle, ils pouvaient voir si un canon (notamment ceux équipant des avions de chasse) était faussé ou voilé. Ils parvenaient ensuite à réduire le défaut, à coups de marteau, à trois ou quatre centièmes de rectitude, autrement dit l’épaisseur d’un cheveu.

Une rupture douloureuse

Monique Boudou partira de la Manu au début des années quatre-vingt-dix, parce qu’elle ne voulait pas cautionner la casse sociale en cours qui verra ses effectifs passer de 1.000 salariés en 1992 à 700 en 1998. C’était le début de la fin de ce fleuron de l’industrie tulliste. « Ce plan social a été une grosse rupture. Je voulais faire un travail sur les compétences de ceux qui devaient partir pour pouvoir les réorienter. »

Je souhaitais que ces gens soient considérés pour ce qu’ils étaient, pour leur personnalité et leurs compétences. Mais, le directeur de ressources humaines n’était là que pour « dégraisser » les effectifs. Il s’est arrangé pour me faire partir.

Monique Boudou (empty)

Une danse qui accepte toutes les morphologiesMonique Boudou s’est formée auprès des professionnels de la danse orientale, dont Sabine Rajanikanth, Touria Karam et Yaël Zarca…

Psychologue dans sa vie professionnelle, Monique Boudou a toujours été tournée vers les activités artistiques dans ses activités de loisir. À son actif, la création de trois associations de théâtre ou de danse : le Petit Théâtre de Nadaillac, le Petit Cabaret de Naves et Danse le Monde à Brive. Quelques années après son départ de la Manu, elle a découvert la danse orientale. « Je cherchais une danse que je pouvais pratiquer toute seule. J’ai eu un coup de foudre pour cette danse, parce qu’elle accepte tous les corps, toutes les morphologies. » Monique Boudou s’est formée auprès des professionnels de la danse orientale, dont Sabine Rajanikanth, Touria Karam et Yaël Zarca, mais aussi un homme, Aladin El Kholy, spécialiste de la danse du bâton.

S’approprier et accepter son corps 

« La danse orientale repose sur une alternance de mouvements fluides et de mouvements saccadés », explique-t-elle. Ancienne psychologue de travail est ainsi devenue professeur de danse orientale et chorégraphe. « Mon plaisir, ma récompense, c’est de voir les personnes timides ou complexées se transformer par cette pratique artistique. Ça fait partie du développement personnel. » Mona Boudou veux faire tomber l’image de la danse orientale, considérée par certains comme vulgaire et à connotation sexuelle. « Dans la danse classique égyptienne, il y a des costumes dénudés, mais aussi des voiles ou des ailes. D’autres se dansent en djellaba. »

On s’approprie son corps, on découvre ses capacités insoupçonnées. Cette pratique artistique apporte aussi une ouverture culturelle, sur l’Égypte, le Maroc ou l’Algérie.

Monique Boudou (empty)

Oser se voir dans le miroir 

Il y a six mois, la Corrézienne a créé la compagnie Parfums d’Orient, où elle enseigne les danses orientales égyptiennes, berbères ou kabyles, comme les danses fusion. « Parmi mes élèves, j’ai notamment des filles assez fortes. Au début, leur corps était complètement couvert. Puis, petit à petit, je vois même celles pour qui c’était difficile, oser se regarder dans le miroir. Les t-shirts se soulèvent, le corps se libère petit à petit et l’estime de soi s’améliore. Je vois des sourires. »

Qu’est-ce qui est le plus difficile à apprendre dans la danse orientale ? « Il s’agit d’isoler les mouvements, c’est-à-dire faire travailler son bassin, sans faire travailler le haut et inversement, répond Monique Boudou. Il faut avoir également une belle gestuelle, pas de raideur au niveau des bras et des mains, mais des mouvements fluides. On voit l’évolution au moment, où les élèves se lâchent et ne sont plus axées uniquement sur la chorégraphie imposée, mais osent faire de petites diversions. »

Qu’est-ce que cet art a apporté à l’ancienne psychologue ? « Elle m’a libérée de mes complexes. Je me suis dit : “Tu es comme tu es”. Si tu as envie de danser, danse, le principal, c’est de se faire plaisir, de se sentir bien dans son corps et bien avec les autres. » Une preuve que la danse orientale peut être le début de la plus grande des aventures : être soi-même.

La Compagnie Parfums d’Orient propose des cours de danses orientales (égyptiennes, traditionnelles, folkloriques ou modernes) le vendredi de 19 heures à 20 heures et des cours de Sévillane le même jour de 18 heures à 19 heures. Lieu des cours : Studios, rue Cassan et A corps Danse, avenue de la Bastille à Brive. Renseignements : 06.21.16.58 55. (Mona) ; 06.81.43.64.81. (Philippe).

A Guéret, un cours de danse orientale pour développer féminité et confiance en soi

Texte : Dragan Perovic 

Photos : Stéphanie Para

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nouvelles récentes

La société WPD solar défend son projet d’implantation de deux sites photovoltaïques à Cérilly (amalgamer)

Alors que son projet d’aménager un duo de sites photovoltaïques sur les hameaux certains Nodins et de Beaumière orient contorienté par l’association Tronçais ruralité environnement, la société WPD solar assure « rorienter complètement ouverte aux échanges ».