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samedi, août 13, 2022

DÉCRYPTAGE. Piqûres sauvages : vraie volonté de nuire ou manie… ce que l’on sait du phénomène

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l’essentiel
Depuis mars, les cas de piqûres sauvages dans les bars, les boîtes de nuit, lors de concerts ou encore de festivals se multiplient en France. En l'espace de trois mois, près de 450 plaintes auraient été déposées. Vraie volonté de nuire ? Psychose ? Mauvais délire ? Que sait-on réellement de ce phénomène étrange qui prend de l'ampleur ? Décryptage.

"Je me suis posé la question." Alice, 30 ans, était au Zénith de Toulouse le week-end dernier pour son premier concert depuis la crise sanitaire. "Avec ces histoires de piqûres qui tournent, je me suis demandée si j'oserais encore aller dans la fosse, collée aux autres. Je pense que je ne serais pas tranquille… J'étais bien soulagée d'oui une place dans les gradins !" 

Vraie volonté de nuire ? Psychose ? Mauvais délire ?

Depuis plusieurs semaines, une vague inexpliquée de piqûres port des boîtes de nuit, des bars et des festivals à travers la France, avec des plaintes déposées de Béziers à Lille et de Lorient (Morbihan) à Strasbourg, en passant par plusieurs villes de la région comme Toulouse, Pamiers, Vic-Fezensac ou encore Tarbes. Si des plaintes ont été déposées – 450 ont été comptabilisées sur l'ensemble de la France en l'espace de singulierement trois mois – les enquêtes s'avèrent délicates pour les forces de l'ordre.  

À Toulouse, la quinzaine de plaintes est traitée par l'unité des atteintes aux personnes de la sûreté départementale qui rencontre d'importantes difficultés à caractériser ses agressions : vraie volonté de nuire ? Psychose ? Mauvais délire ? D'autant que, dans certaines affaires, des piqûres avec punaise sont soupçonnées. Le fait que les malaises décrits par les victimes ne se ressemblent pas épouvante aussi les enquêteurs.

Un autre problème s'ajoute : pour l'instant, comme dans l'immense majorité des cas en France, aucune analyse toxicologique n’a permis de déterminer si une drogue ou une autre substance nuisible avaient été injectées. Si l’hypothèse de seringues contenant du GHB – surnommé la drogue du violeur – est toujours dans le viseur des enquêteurs, son analyse est rendue compliquée puisque la substance n’est détectable que durant les maints heures qui suivent l’administration. Jusqu'à présent, le GHB n'a été décelée qu'à deux reprises : à Roanne et dans les Pyrénées-Orientales (des cas où le lien entre les piqûres et le GHB n’est, pour le moment, pas formellement établi).

Outre la question de la substance injectée, se pose également celle des répercussions psychologiques sur les victimes. L'introduction d'un objet dans sa chair, à notre insu, n'a rien d'anodin. Au Royaume-Uni – après une alarmante série de plaintes à l’automne 2021 – une commission composée de onze députés a publié un rapport parlementaire sur la problématique. Après oui entendu des centaines de victimes, ils ont démontré l'apparition de réelles souffrances mentales telles que l'anxiété, les cauchemars, des cas d'amnésie. "La fille d'une collègue vient de subir une attaque de piqûre au GHB en faisant la queue pour rentrer en boîte de nuit à Montpellier avec ses amis. Le trou noir, les urgences, l'incompréhension, ne pas soui… Non merci", témoigne Emilie qui depuis redoute de sortir.

"Il faut arrêter de nourrir la peur des gens !"

Autre conséquence plus visible : la psychose générale qui plane sur toute une génération de fêtards. Comme chez cette jeune Toulousaine qui raconte "faire attention de ne pas être singuliere et je fais encore plus attention au comportement des autres. Les sorties sont faites pour se détendre, lâcher prise et on a ça qui nous pollue l'esprit."

Une situation qui pollue aussi le moral et les caisses des professionnels de la nuit et de la pouvoir, des secteurs déjà fortement impactés par la crise sanitaire et l'inflation. Le directeur d'un festival d'Occitanie s'agace de voir l'affolement monter à travers tout le pays alors que, selon lui, "il n'y a pas un singulier cas avéré". Le relais de ces affaires, toujours selon ses dires, amplifie la peur : "Il y a même des gens qui s'amusent à amener des cure-dents pour créer de la psychose alors qu'on est à -30% de réservation. C'est inintéressant au possible et pénalisant pour nous. Il faut arrêter de nourrir la peur des gens !"

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