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vendredi, juillet 1, 2022

«En mon âme et conscience, je voterai blanc»

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FIGAROVOX/TRIBUNE – Député LR du Vaucluse, Julien Aubert refuse un« front républicain» en faveur d’Emmanuel Macron dont il critique le bilan, et annonce voter blanc au second tour.

Député LR du Vaucluse, Julien Aubert est aussi le fondateur du mouvement politique Oser la France.

J’ai longtemps espéré qu’en 2022, un vrai débat s’installerait sur la présidence qui vient de se terminer. Hélas, il n’en a rien été et les Français auront été privés d’un échange critique sur le bilan du macronisme. Désormais, au second tour, le temps du débat est passé car on nous demande – on nous somme même – de « faire barrage » à la candidate du Rassemblement national et donc annoncer que l’on votera clairement Emmanuel Macron. De prouver notre « republicanité ». De montrer patte blanche.

C’est la troisième fois que cette situation se produit au second tour d’une élection présidentielle. La première fois, ce fut un sincère émoi. La seconde fois, un sursaut responsable. Aujourd’hui, ce duel survient alors que depuis trois ans, tous les sondages le prédisaient. Aucune surprise : certains l’appelaient même de leurs vœux.

Je regrette très profondément que la classe politique et les milieux économiques se soient habitués au fil du temps à ce « moi ou le chaos », cet appel au barrage permanent, ces élections-à-un-seul-choix-possible. C’est avec les mêmes arguments qu’en région Sud, les élections régionales ont tourné à la pantalonnade, avec le retrait de la liste autonome d’En Marche, le seppuku de la liste de Gauche et in fine la disparition politique de LR.

Je le regrette car on ne peut exclure une certaine dose d’arrière-pensée et de cynisme dans cette instrumentalisation de la situation, sinon de la République. Ne sont-ce pas les mêmes qui, il y a quelques semaines encore, appelaient à parrainer démocratiquement ceux qu’on présente le lendemain comme les ennemis jurés de la République ?

Je le regrette aussi parce que lentement, ce piège circulaire perd de sa force, au point de transformer la politique en tous contre un. C’est ainsi qu’Emmanuel Macron réfléchit encore et toujours à une force politique centrale qui n’est plus celle du « Deux Français sur trois » jadis chère à VGE, mais plutôt une arche de Noé destinée à sauver tous ceux qui veulent échapper au déluge protestataire, c’est-à-dire à la colère née du malheur du peuple.

Malheureusement, le mot République a pour moi sens, et je ne peux pas dire, ni écrire, que la République d’Emmanuel Macron obéit aux mêmes valeurs que les miennes.

Julien Aubert

Le mot République a pour moi un sens. Durant ces cinq dernières années, j’ai pu constater avec beaucoup de Français que la République d’Emmanuel Macron n’obéissait pas aux mêmes valeurs que les miennes, que les nôtres. Sous sa présidence d’affaires, l’opportunisme a pris le pas sur la loyauté, le favoritisme et le cynisme sur l’intérêt général, la tactique politicienne sur la vision de la Nation, la lâcheté adossée au mépris sur le courage. Sous sa présidence solaire et solitaire, la dictature des « experts » a conduit à marginaliser le Parlement, les corps intermédiaires, jusqu’au vote de mesures liberticides. La présidence de Janus s’achève avec une Nation plus abaissée et plus divisée que jamais, surendettée, vassalisée.

À l’heure du jugement par le peuple souverain, certains pris de panique se demandent pourquoi Emmanuel Macron pourrait ne pas être réélu, lui qui depuis le début de cette campagne joue au lièvre paresseux de la fable de la Fontaine. Il suffit pourtant de voyager en France pour le comprendre.

Emmanuel Macron pour tous les Français, c’est le déhanché de Castaner en boîte de nuit quand Paris s’embrase, Griveaux qui moque « des gars qui fument des clopes et roulent au diesel », l’autorisation des chimères homme-animal, les zones à faibles émissions (ZFE) pour évincer les automobilistes pauvres des agglomérations, le zéro artificialisation nette (ZAN) qui gèle les campagnes, le grand débat/déblabla et ses cahiers de doléances stockés à la cave, les LBD utilisés de travers, la tentative diplomatique avortée de résoudre devant les caméras, en quelques semaines, quarante ans de conflit au Liban, les éoliennes par milliers, l’évacuation en catastrophe du Mali, les attestations de sortie incompréhensibles et longues comme le bras, la vente des aéroports aux chinois, l’adoption discrète d’une écotaxe régionalisée après la crise des gilets jaunes, la cynique instrumentalisation du RN pour être réélu, l’IVG à la 14ème semaine.

Voilà qui fait désormais 15 raisons de ne pas voter Macron. Alors, je me demande : accepter la coresponsabilité de 5 ans de plus ?

Julien Aubert

Voilà qui fait désormais 15 raisons de ne pas voter Macron, mais s’il n’y avait que cela !

Emmanuel Macron, ce sont aussi les soignants suspendus en pleine crise sanitaire, les sermons en mode prêchi-prêcha télévisuels de 30 minutes, Trump puis Poutine qui nous humilient, le pas de tango sur le glyphosate, l’explosion de la taxe foncière, l’identité de genre reconnue par la loi séparatisme, les condamnations de Delevoye ou Griset, le biais de Parcoursup qui écartent les filles des filières scientifiques, le mépris des « gens qui ne sont rien dans les gares », l’article 24 de la loi sécurité globale menaçant la liberté de la presse, les casseroles de Nyssen, Bayrou, et Pénicaud, les mises en examen multiples de Thierry Solère, son conseiller, la liberticide loi Avia, l’injustice des primes Ségur ou encore l’identification grotesque à Jeanne d’Arc lors de son discours inaugural d’Orléans en 2017.

Nous en sommes à 33 bonnes raisons de ne pas voter Macron.

Emmanuel Macron, c’est encore le milliard de McKinsey, un déficit commercial record de 85 milliards d’euros, le pilonnage people orchestré par Mimi Marchand, la France ridiculisée dans l’affaire des sous-marins australiens, la tentation de vendre les chantiers navals de Saint-Nazaire à MSC dont les dirigeants ont un lien familial avec son bras droit Alexis Kohler, Sibeth N’Diaye traitant Simone Veil de « meuf » ou ne sachant pas mettre un masque, fermer Fessenheim et ouvrir des centrales à charbon, la dissolution de la commission parlementaire suivant l’action gouvernementale en matière sanitaire en pleine crise Covid, la nomination au conseil constitutionnel du supérieur hiérarchique du procureur qui a classé l’affaire des Mutuelles de Bretagne, les homards de De Rugy, Microsoft gérant nos données de santé, la bamboche en bas résille à l’Élysée, la réhabilitation du communiste Maurice Audin allié du FLN algérien, la merveilleuse trouvaille des commerces non-essentiels, poser mal rasé à l’Élysée pour singer Zelensky, les salmigondis sur la souveraineté européenne, le 80km/h, la tentative de faire porter à l’Opposition la responsabilité du maintien des municipales, les députés LREM qui se plaignent de manger des pâtes et ceux qui font payer les visites de l’assemblée, les chômeurs qui feraient mieux de traverser la rue, la vente d’ADP, la suppression démagogique de l’ENA, l’élargissement du regroupement familial aux frères et sœurs des mineurs isolés, les propos honteux sur les mâles blancs, le t-shirt violences policières porté par Macron, McFly et Carlito qui suppléent Attali et Malraux, l’humiliation du Général de Villiers, une dette qui a gonflé de 560 milliards d’euros en deux ans, la nomination d’amis socialistes en masse à la Cour des comptes, au Conseil d’État, à la Cour de cassation, la photo à Saint-Martin avec un délinquant à demi-nue qui fait un doigt d’honneur, la légion d’honneur à Buzyn.

J’en suis à 66 raisons de ne pas voter Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron, c’est aussi, c’est encore, c’est toujours, Notre-Dame-de-Paris qui s’enflamme et qu’on veut reconstruire comme si c’était le Centre Pompidou et à temps pour le second mandat Macron

Julien Aubert

Emmanuel Macron, c’est aussi, c’est encore, c’est toujours, Notre-Dame-de-Paris qui s’enflamme et qu’on veut reconstruire comme si c’était le Centre Pompidou et à temps pour le second mandat Macron, le carburant qui flambe, céder aux ZADistes en méprisant le vote des citoyens à Notre-Dame-des-Landes, refuser le moindre débat à la présidentielle, raser les murs pour ne pas célébrer le Bicentenaire Napoléon, raser gratis avant les élections avec des chèques, couvrir Benalla et son coffre-fort, couvrir de honte la France en imaginant mutualiser notre siège permanent au conseil de sécurité, baisser le budget de la Défense en pleine guerre contre l’Ukraine, pousser à la vente d’Alstom à GE en enrichissant au passage ses futurs financeurs de campagne, laisser partir les turbines Arabelle puis les racheter à prix d’or, livrer des armes à Poutine jusqu’à 2020 malgré l’embargo en 2015 décidé par l’UE, confier au privé l’acheminement de la propagande électorale, voter le crime d’écocide, emmerder les Français non-vaccinés, proposer l’autonomie à la Corse, à la Guadeloupe et au moindre type qui brûle une bagnole, insulter les pieds-noirs sur le crime contre l’Humanité en Algérie, diviser les harkis, appauvrir les étudiants avec la baisse des APL, laminer les retraités avec la hausse de la CSG, présenter une déclaration de patrimoine inférieure à celle de Jean Lassalle, oser reprendre le slogan du NPA (« nos vies valent mieux que leur profit ») en plein scandale financier, signer le pacte de Marrakech, imaginer une réforme des retraites shadockienne et l’abandonner en prétextant la Covid, refuser de fermer les frontières en pleine crise sanitaire jusqu’à ce que nos voisins le fassent à notre place, euthanasier le programme de recherche sur les déchets nucléaires ASTRID, ratifier le CETA d’une main en invitant Greta Thunberg de l’autre, remplacer la démocratie par un gadget citoyen tiré au sort (la « Convention citoyenne ») négocier le projet Hercule pour désosser EDF, pousser pour un emprunt européen fédéral, mentir sur l’utilité des masques, sur le passe sanitaire (en expliquant qu’on ne le mettrait jamais en œuvre puis de faire voter l’inverse), et voir l’Arc de Triomphe saccagé.

On me demande une bonne raison de ne pas voter Macron ? Voici 99 raisons de dire non.

La 100ème est la plus importante : il est du devoir de la Droite de continuer à incarner une alternative, une espérance, un chemin qui soit national sans être extrême. Voter Macron c’est endosser son bilan et être comptable pour le futur de ses actions. Voilà pourquoi le 24 avril, en mon âme et conscience, je voterai blanc.

À VOIR AUSSI – Présidentielle 2022 : le point sur les consignes de vote des candidats pour le second tour

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