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mercredi, août 17, 2022

Ils appellent à gérer la ressource en eau pour préserver l’avenir dans le Puy-de-Dôme

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L’Auvergne château d’eau de la France. Une image qui colle au territoire depuis des décennies et qui, pourtant, n’est pas (plus) aussi vraie qu’on pourrait le croire. À tel point que des acteurs locaux appellent à se mobiliser dès maintenant autour de la question de l’eau, afin de sécuriser les approvisionnements sur le long terme.

Reprise de la politique des grands ouvrages, créations de bassines… aucune piste ne doit être écartée selon eux, tout en mettant pouvoirs publics, acteurs économiques, habitants, associations, etc., autour d’une même table, comme tel a été le cas dernièrement à l’occasion des Rencontres techniques de l’eau coorganisées par Limagrain et le pôle de compétitivité France water team.

Quel est leur postulat de départ ?

Il est simple : même si certaines espèces de végétaux ont besoin de moins d’eau que d’autres, tous en ont quand même besoin d’un minimum pour pousser.

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« Vous ne pouvez pas faire pousser une plante, faire vivre un être humain sans eau. L’eau, c’est aussi la base de notre alimentation, parce que la base de l’alimentation, c’est la semence, c’est le végétal ; si vous n’avez pas d’eau, vous ne faites pas pousser de végétal, vous ne faites pas d’élevage… donc c’est la base de notre nourriture et par ricochet de notre autosuffisance alimentaire », introduit Vincent Tardif, directeur de la stratégie et du développement territorial de Limagrain.

Qu’est-ce qui a changé ces dernières années ?

Depuis ces dernières années, le territoire est confronté à des phénomènes extrêmes, avec tour à tour excès d’eau et déficits sévères.

« Quand vous avez trois sécheresses et deux crues sur cinq ans, le problème devient plus prégnant, devient un sujet stratégique. »

Vincent Tardif (directeur de la stratégie et du développement territorial de Limagrain)

Mais si le sujet est devenu stratégique chez Limagrain depuis 2020, la coopérative comme l’agriculture ne sont pas les seuls secteurs à s’inquiéter.

En quoi le développement d’un territoire est-il étroitement lié à l’eau ?

« L’eau est quelque chose de complètement vital pour toutes les entreprises qui sont en lien de proximité sur la partie agricole évidemment, mais c’est aussi important pour des activités comme la coutellerie, les usines… », indique Jean-Claude Guillon, président de la commission aménagement et attractivité du territoire de la chambre de commerce et d’industrie du Puy-de-Dôme.

L’eau est aussi bien indispensable pour l’agriculture que pour les process des usines ou les usages récréatifs tels que la baignade, le canoë, etc. Sauf que « plus que la rareté de l’eau, il y a la rareté dans la saison », s’inquiète Jean-Claude Guillon, qui invite chacun à regarder de « manière extrêmement professionnelle et pragmatique » les enjeux.Toute plante, tout végétal, à un moment donné, a besoin d’eau (photo d’illustration Renaud Baldassin)

Quelles solutions proposent-ils ?

La première chose à faire selon Jean-Claude Guillon, c’est de raisonner de manière pluriannuelle, à un, deux, cinq, dix, quinze, trente ans.

« Il ne faut pas avoir peur de regarder ce qui pourra se passer dans une vingtaine d’années. Par moment, des investissements nécessitent d’avoir ce regard projeté sur le grand avenir. »

Jean-Claude Guillon (président de la commission aménagement et attractivité du territoire de la chambre de commerce et d’industrie du Puy-de-Dôme.)

Car baser toutes les perspectives uniquement sur l’économie de la ressource ne suffira pas pour garantir l’avenir.

« L’État a pris conscience de grandes difficultés. Il a mis en place un certain nombre d’études qui visent à ouvrir la possibilité de construire quelques réserves, qu’on appelle bassines agricoles, c’est-à-dire la possibilité ponctuellement de créer des réserves destinées à un micro-territoire. C’est une bonne chose, toutefois quand on regarde l’aménagement du territoire au sens large sur des grands enjeux, ça ne suffit pas. »

Il faut être en mesure de gérer des ressources sur des volumes beaucoup plus grands selon Jean-Claude Guillon, afin d’assurer à tous les acteurs du bassin l’accès à l’eau, et notamment pendant la période la plus critique, l’été.

Ça, ça nécessite une politique de construction d’ouvrages raisonnablement pensés, bien coordonnés entre les différentes parties prenantes. Nous CCI, on est un acteur vraiment préoccupé par la cohérence d’ensemble de tout ça. Il ne faut pas tomber dans un piège de repli sur des enjeux exclusivement territoriaux.

Jean-Claude Guillon (président de la commission aménagement et attractivité du territoire de la chambre de commerce et d’industrie du Puy-de-Dôme.)

«  Quand vous êtes le long d’un fleuve comme la Loire, vous vous rendez compte que depuis le Mont Gerbier de Jonc jusqu’à Saint-Nazaire, ça dessert un nombre incroyable de bassins, donc d’habitants, d’activités de tous genres. Et si on n’organise pas les solidarités, on est certain qu’on ne bénéficiera pas d’une répartition équitable du développement économique. »

Gaëlle Chazal

[email protected]

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