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mardi, mai 24, 2022

Karina Monnet, cette élue du Puy-de-Dôme qui appelle à dire stop aux violences de plus en plus nombreuses

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Le conseiller régional et député Michel Fanget menacé de mort par mail en début d’année ; le maire de Limons victime de tags menaçants à son domicile quelques mois plus tôt ; celui de Vollore-Montagne visé par un départ de feu…

Quelques exemples d’événements survenus dans le Puy-de-Dôme qui illustrent l’escalade de la violence dont sont victimes nombre d’élus au plan national et qui ont poussé la conseillère départementale Karina Monnet à prendre la plume.

« Ça va trop loin. Il n’y a plus de respect »

Encore choquée par les récentes images d’agressions de députés violemment pris à partie, elle a rédigé une tribune intitulée La démocratie, ce n’est pas la violence à l’encontre de ses représentants?! « Ça va trop loin, s’inquiète-t-elle. Il n’y a plus de respect, ça rappelle certaines heures sombres de l’Histoire. »

Certes, le pass vaccinal a cristallisé les tensions ces dernières semaines, mais le problème est plus global, pense-t-elle.

Les élus doivent régulièrement faire face à des situations où le simple respect de la fonction n’est plus qu’une notion du passé.

Le député Modem du Puy-de-Dôme Michel Fanget victime de menaces de mort

Agressions, menaces, intimidations…

« Les agressions, menaces, intimidations, insultes ou injures qui touchent maires, adjoints et conseillers municipaux, élus départementaux et régionaux, parlementaires dans l’exercice de leurs fonctions, mais aussi leurs familles, prennent aujourd’hui des proportions qui sont le signe d’une République en danger. Nos collectivités puydômoises et ses représentants ne sont pas épargnés », écrit-elle.

Karina Monnet est conseillère départementale depuis 2021 (canton d’Aigueperse) et conseillère municipale à Artonne depuis 2020, sans étiquette. Elle fait partie du groupe « Proximité et Territoires » au Département.

« Si le débat d’idées et la force des convictions sont les outils d’une démocratie, la violence la met en danger. Selon le ministère de l’Intérieur, 1.186 élus ont été pris pour cible dans les onze premiers mois de 2021, dont 162 parlementaires et 605 maires ou adjoints », poursuit Karina Monnet.

Pass vaccinal : la députée de l’Allier Laurence Vanceunebrock a reçu deux courriers la menaçant de mort

La démocratie « en danger »

Quelquefois sous couvert d’anonymat, caché derrière un pseudonyme, au nom d’un collectif imaginaire, ou bien se sentant soudainement investis d’un besoin d’en découdre physiquement, ils sont nombreux, beaucoup trop nombreux à trouver dans la menace ou l’agression le moyen d’exister… mais aussi d’affaiblir notre démocratie.

Beaucoup ignorent d’ailleurs en quoi consiste la fonction d’élu. Car s’ils sont visibles lors des inaugurations par exemple, ce n’est là que la partie immergée de leur fonction. « 90 % de notre rôle, c’est la participation à des commissions, des consultations, des auditions. Il y a un gros travail en coulisses. Les gens n’en ont pas conscience. »

Le maire de Limons (Puy-de-Dôme) victime de tags menaçants à son domicile

106 élus signataires de cette tribune

Cosignée par son groupe « Proximité et Territoires », cette tribune a été signée par 106 élus. Elle a vocation à être envoyée au préfet en vue de faire naître des discussions et une prise de conscience collective.

« Les partis politiques, les syndicats et associations sont affaiblis dans une société qui devient de plus en plus individualiste. Quelles qu’en soient les raisons, et au-delà de nos légitimes désaccords politiques, nous devons appeler et accompagner une réaction forte des pouvoirs publics, de nos institutions, protéger la liberté d’expression et la liberté de penser et le choix démocratique permis par différents rendez-vous électoraux », conclut Karina Monnet. 

Gaëlle Chazal

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