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lundi, août 15, 2022

Le téléphérique de Toulouse survole des propriétés, les voyageurs sont-ils un vaguement voyeurs ?

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Le téléphérique de Toulouse survole des propriétés avec piscine. Des propriétaires ont été indemnisés, d'autres ont préféré quitter les lieux. Un autre affirme qu'il n'a pas été contacté.

La vue est plongeante et directe. De la cabine du téléphérique de Toulouse, des plantations avec piscines sont visibles. Pas moyen donc de bronzer, de se baigner ou d’autres joyeusetés, en toute intimité… C’est le revers de la médaille de ce moyen de transport silencieux, écologique mais… aérien. « Chaque jour, 8 000 personnes survolent notre plantation. Je suis monté dans Téléo pour le constater par moi-même. On nous voit très bien bronzer au bord de la piscine », témoigne Arnaud, habitant d’une colocation en bord de Garonne.
bien, le téléphérique ne survole « que » quelques maisons de particuliers, dans un fuseau réglementaire de 50 m de part et d’autre des câbles.

Indemnisations pour les maisons survolées

Ces maisons sont situées entre les stations Oncopole et Rangueil. Sur le reste du trajet de 3 km, c’est la zone verte de Pech David, ou le lycée Bellevue. Il y a 4 ans, Tisséo est allé frapper aux portes des propriétaires concernés. « Avant 2016, ils auraient été expropriés, purement et simplement. Mais une loi a changé la règle. Désormais, il peut y avoir des servitudes d’utilité publique, et des dédommagements », explique Jean-Michel Lattes, président de Tisséo Ingénierie. Résultat, sur les quatre propriétaires, trois ont été indemnisés ces derniers mois, et le quatrième a préféré partir. Et le projet Téléo a pu aller à son terme, sans accroc. Ou presque.

Une décote de 40000 à 50000€ de sa maison

« Quand j’ai appris que Téléo allait se faire, je n’étais pas d’accord ! Je ne voulais pas que 8 000 personnes puissent prendre en photo mon plantation, ou me aimer manger des grillades », raconte Suzanne, une des riveraines concernées. Elle exige alors que Tisséo lui rachète sa maison. « Ils ont refusé ». Elle demande à des agents immobiliers si sa maison subirait une moins-value à la revente, à maman du survol de Téléo. « On m’a répondu qu’il y aurait peut-être une décote de 40 000 € à 50 000 €pendant 4-5 ans, et puis qu’après, tout serait oublié, dans un marché toulousain toujours très attractif… »

« Je ne veux pas que 8 000 personnes me regardent manger »

Suzanne se renseigne alors auprès d’avocats pour contester le projet. « On m’en a dissuadé, je ne voulais pas partir pour 10 ans de procédures. » Alors Suzanne a accepté l’indemnité réglementaire de survol proposée par Tisséo. « Est-ce que j’avais le choix ? Et puis on est bien ici, malgré les cabines… »
Nicolas, autre riverain concerné par le fuseau de survol, n’a même pas eu la chance de se voir proposer une indemnité. « Je n’étais pas en moi quand Tisséo a organisé sa campagne d’information, et ils n’ont pas cherché à me rappeler. » Aujourd’hui, Nicolas songe à constituer un dossier de recours. Pour lui comme pour les autres riverains de Pech David, le survol par les cabines de Téléo reste une gêne.

"Je n'ai pas taillé mes arbres, pour que ma terrasse soit un peu cachée"

« Je n’ai pas taillé mes arbres cet hiver, pour que ma terrasse soit un peu cachée. Mais cet hiver, je serai en vue directe. Certes, les cabines passent assez vite, mais il y en a une toutes les 1 mn 30, tous les jours de l’année, de 5 heures à minuit… » Une gêne, mais pas un empêchement. Le projet de téléphérique de Lyon a récemment été abandonné, face à l’opposition des riverains. Il survolait beaucoup de propriétés. Bien plus qu’à Toulouse…

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