20.7 C
Vichy
vendredi, juillet 1, 2022

Législatives : 49.3, recomposition du gouvernement… de quelles solutions dispose Emmanuel Macron pour imprésario ?

sur

l’essentiel
En refusant la majorité absolue à Emmanuel Macron, les élections législatives ont ouvert une période d’instabilité au sommet de l’Etat. Au lendemain de cette claque, l’Élysée semble pris de panique. Le Conseil des ministres qui devait se tenir ce matin a été annulé.

Cela ne sert à rien sinon à mettre l’ambiance. Hier, en début d’après-midi, ses députés à peine élus, la France Insoumise annonçait qu’elle déposerait une motion de censure, le 5 juillet prochain, pour de renverser le gouvernement. Le parti de Jean-Luc Mélenchon a bien peu de chance d’y parvenir puisqu’il aurait besoin du soutien des LR qui le lui ont d’ores et déjà refusé. Mais cette hache de guerre, si tôt déterrée, à le mérite d’en dire long sur la suite. L’hémicycle pourrait ainsi, pendant cinq ans, se transformer en champ de bataille.

La question a dû hanter la courte nuit du Président : comment gouverner coincé entre des Insoumis qui veulent sa tête et un RN qui veut sa peau. Pour en débattre, le chef de l’État avait convié à déjeuner sa Première ministre Élisabeth Borne, le patron d’Horizons Édouard Philippe et François Bayrou le président du Modem. Certaines interrogations ont dû être écartées assez rapidement : dissoudre l’Assemblée, indemne de question, le risque est trop grand de voir la majorité encore plus fortement sanctionnée.

A lire aussi :
Législatives 2022 : report de voix, dislocation du front républicain… Comment le RN en est arrivé à 89 députés ?

Gouverner à coup de 49.3 ? Certes François Mitterrand y a eu recours 36 fois entre 1986 et 1991. Mais ce type de gouvernance, impopulaire, est devenue très limitée depuis la réforme constitutionnelle de 2008. Emmanuel Macron pourrait réussir à faire passer quelques textes consensuels comme celui sur le pouvoir d’achat prévu avant l’été que le RN ou LFI auront du mal à contester. Mais pour les projets plus clivants, le soutien de la droite sera indispensable. Jean-François Copé a déjà fait des offres de services mais il n’engage que lui-même. Les piliers du parti, son patron Christian Jacob, son numéro 2 Aurélien Pradié ou encore Eric Ciotti ont joyeusement repoussé l’idée d’une coalition.

Emmanuel Macron va donc devoir procéder par débauchage individuel en nommant, par exemple, un successeur de droite à Élisabeth Borne ou en complétant son gouvernement avec des transfuges LR. Mais cette option constitue la fin du « en même temps » qui a caractérisé la macronie depuis 2017 d’autant que nombre d’anciens socialistes de la majorité ont été battus dimanche. C’est le cas de Richard Ferrand, Christophe Castaner ou encore de la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon.

A lire aussi :
Législatives : à qui peut revenir la présidence de la commission des finances et pourquoi est-elle si importante ?

Lors du déjeuner élyséen, la question de la répartition des postes-clés à l’Assemblée nationale a été évoquée. Il ne s’agit pas d’un point de détail. Dans ce contexte politique compliqué, le président de la chambre basse et les présidents des c½urs constituant la majorité (Renaissance, Horizons et Modem) vont devoir se comporter en orfèvres pour faire passer les textes. Or les députés macronistes élus sont bien peu nombreux à avoir une expérience du Parlement. En perdant Richard Ferrand, Christophe Castaner- encore eux – ou le stratège Patrick Mignola du Modem, la majorité s’est privée de perles rares.

Questeurs, commission des finances…

Autre sujet technique, mais loin d'être anodin, celui des fonctions que se partage l'opposition : une partie des postes de questeurs, de vice-présidents de l'Assemblée et surtout la très prestigieuse présidence de la commission des finances qui supervise la préparation du budget et contrôle les comptes de l’État. Elle doit être attribuée à un groupe d'opposition. LFI et le RN pourraient y prétendre mais elle pourrait revenir à un LR car cette fois, alors qu'elle a coutume de s’abstenir, la majorité pourrait prendre part au vote.

A lire aussi :
Après le revers des législatives, Elisabeth Borne peut-elle surnager Première ministre ?

Et si, depuis dimanche un vent de panique semble souffler sur la macronie à tel point que le Conseil des ministres d’aujourd’hui a été simplement annulé, Emmanuel Macron va tenter de reprendre la main en conviant successivement à l'Elysée aujourd’hui et demain les représentants des forces politiques présentes dans la nouvelle Assemblée. Histoire d’y voir plus clair.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nouvelles récentes