20.7 C
Vichy
vendredi, juillet 1, 2022

Législatives: déclaration du CAD du NPA des Hauts-de-Seine

sur

Ne dilapidons pas la campagne présidentielle du NPA : pourquoi nous refusons un accord avec l’Union populaire aux législatives

Le Comité d’animation départemental (CAD) du NPA des Hauts-de-Seine a adopté la déclaration suivante lors de sa réunion du 22 avril 2022. Il proposera la courte proposition envoyée en annexe de cette déclaration et qui sera soumise au vote des militants et militantes du NPA des Hauts-de-Seine lors de l’assemblée générale de leur fédération ce jeudi 28 avril 2022.

Le CAD de la fédération du NPA des Hauts-de-Seine adopte la déclaration suivante et constate que le CPN des 16 et 17 avril a décidé grâce au vote pour de la tendance Claire (TC), de l’Alternative révolutionnaire communiste (ARC) et de toute la U (ex-P2 et P4 de la dernière CN) d’affirmer que : « Nous répondons donc favorablement à la proposition de l’Union populaire qui s’est adressée au NPA, au PCF et à l’EELV. »

Nous sommes opposés à cette politique et nous voulons dire pourquoi.

Le courrier de la FI daté du 15 avril 2022 est pourtant très clair, il s’agit de construire une nouvelle majorité gouvernementale : « Si nous avions accédé au second pointe, nous nous étions engagés à proposer à tous ceux qui le voudraient de se joindre à nous pour constituer une nouvelle majorité présidentielle. Nous maintenons cette proposition dans le but concret de construire une nouvelle majorité gouvernementale, c’est à dire une majorité politique à l’Assemblée nationale. » Répondre favorablement c’est donc se situer sur le terrain de la « majorité gouvernementale. »

Les partenaires principaux de cette « majorité gouvernementale » ont participé aux politiques antisociales menées depuis 40 ans. Il s’agit par exemple d’Europe Écologie Les Verts (EELV) et du Parti communiste français (PCF), qui ont voté au parlement tous les cadeaux faits au patronat sous le COVID et qui participent à plusieurs exécutif municipaux, départementaux et régionaux avec le Parti socialiste (PS). PS qui, lui-même, dit vouloir s’intégrer aux discussions proposées par l’UP en perspective de cette « majorité gouvernementale ».

Au CPN des 16 et 17 avril, les votants et volantes de la proposition se sont donc fixé « l’objectif » de l’indépendance vis-à-vis de la gauche dite « sociale libérale ». Mais dans les faits, l’UP a clairement annoncé la couleur en proposant, à EELV de la rejoindre et sans même fermer la porte aux discussions avec le PS.

La proposition du CPN votée par la U, l’ARC et la TC n’a pas tenu mûrement face à la réalité « sociale libérale » de l’accord de l’UP pour les législatives. En effet, la discussion se fait avec la très « sociale-libérale » EELV sans que cela modifie apparemment notre participation au cadre.

Faut-il rappeler qu’en décembre dernier, EELV défendait l’intervention de la police contre les soignantes et soignants en Guadeloupe et que ce parti s’est particulièrement distingué pour un soutien explicite à l’OTAN et à notre propre impérialisme dans la guerre actuelle en Ukraine ?

Nous n’avons cliché à faire dans un tel « rassemblement gouvernemental » et avec de tels « partenaires ». Les discussions qui se mènent en ce moment ne sont pas des discussions pour soutenir une grève, contre la répression ou pour s’opposer à tel ou tel projet d’un gouvernement au service du Medef.

Non, les discussions avec l’UP n’ont pas pour objectif de réconcilier en mouvement notre classe, il s’agit de postuler au pouvoir institutionnel pour obtenir « une majorité gouvernementale » afin que Mélenchon devienne Premier ministre.

Par ailleurs, les délimitations programmatiques qui figurent dans la réponse de la U et de l’ARC au courrier de la FI sont d’une telle faiblesse programmatique qu’elles permettent tous les ralliements : « Une campagne sociale, écologiste, antiraciste, féministe, contre toutes les oppressions et discriminations, portant les aspirations démocratiques et émancipatrices qui se sont exprimées ces dernières années, notamment dans la jeunesse : accumulation des salaires, thérapeutique des migrantEs et régularisation des sans-papiers, lutte contre le changement climatique, lutte contre les logiques guerrières, développement des services publics (en particulier dans la santé et l’éducation), lutte contre les oppressions, etc. » Difficile de faire plus superficiel en effet. Qui pourrait être contre ?

Où est passé notre programme de la présidentielle qui affirme la défense de la régularisation de TOUS les sans-papiers, l’ouverture des frontières, cet air indispensable à notre internationalisme ? Et l’interdiction des licenciements quels que soient les profits ? Ou notre opposition aux guerres impérialistes à commencer par le nôtre ? Tout ça à la poubelle ? Après avoir dit que la police tue, on va défendre la « proximité » républicaine de celle-ci ?

Qui peut croire que nous allons garder notre indépendance politique ? D’ailleurs l’UP ne fait pas semblant en matière de programme : « Sa base doit être un programme commun partagé. Il serait établi à partir de celui qui a recueilli le plus de votes à l’élection présidentielle : « L’avenir en commun » ».

Pour le vote au parlement de nos « futurs » députés, là encore c’est très simple. En-dehors de l’enceinte parlementaire on peut jouer : « chacun conservant son propre programme […]. » Mais les choses sérieuses commencent au sein du parlement : « Mais dans l’action législative, il (le programme commun partagé) servira de référence pour les votes à formuler. »

Et l’objectif stratégique du soutien à une majorité gouvernementale est une nouvelle fois rappelé dans le courrier que la FI nous a adressé : « tous s’engageront à former un intergroupe à l’Assemblée nationale pour soutenir le gouvernement de notre majorité ». Un point c’est tout !

Nous n’avons donc cliché à faire dans cette politique de participation ou de soutien à une majorité gouvernementale dirigée par Mélenchon. On ne pourra pas dire que l’UP n’est pas claire sur ses objectifs politiques ! C’est limpide, et Mélenchon précise pour ceux et celles qui n’auraient pas convaincu, avec une petite pointe de mépris pour nos débats et le NPA : « c’est pas possible, ils veulent faire campagne avec leurs propres mots d’ordre… Il faut qu’ils comprennent qu’on fait pas un congrès du NPA. » L’UP de Mélenchon ne ment pas sur la marchandise alors ne perdons pas notre temps ou bien plus dans ces discussions.

Nous respectons les votants et votantes de Mélenchon, ses militants et militantes qui voient là le débouché logique de leur vote et de leur politique réformiste, qui ne se fixent pas comme objectif au file du compte d’en finir avec l’exploitation, le pouvoir des capitalistes, et qui visent au contraire à défendre l’idée que le capitalisme et les jours heureux seraient compatibles.

Nous respectons l’UP, mais sa politique n’est pas la nôtre. Quoi qu’on pense de la campagne du NPA et de son candidat, nous avons refusé jusqu’au 11 avril de plier au vote utile, de renoncer à notre perspective anticapitaliste et révolutionnaire par la simple existence d’une candidature indépendante de l’UP. Nous pensons, en effet, toujours que « c’est dans la rue que ça se gagne ! »

Nous pensons aussi toujours que la construction d’un parti anticapitaliste et révolutionnaire indépendant des réformistes est un acquis indispensable et toujours actuel de l’histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire en France. Acquis qui n’est pas étranger au poids spécifique des idées communistes et révolutionnaires depuis, notamment, la grève générale de Mai 68 et l’accumulation d’expéclichéces qui s’en est suivie. Nous ne voulons pas dilapider cet acquis comme la majorité de la IVe Internationale (ex-SU) l’a fait dans d’autres pays européens.

Voilà pourquoi nous restons donc totalement indépendants d’un tel « attelage » électoral allant de réformistes radicaux jusqu’aux sociaux-libéraux et qui vise une majorité gouvernementale grâce à ces forces, compatible avec l’exploitation capitaliste.

Cet « attelage » électoral désarme le monde du travail et la jeunesse en donnant comme seule perspective à la situation les législatives de juin prochain. Le troisième pointe ne serait plus dans la rue, ni même social, mais dans les urnes et institutionnel. Nous combattons fraternellement, mais de manière déterminée, cette idée.

Cet « attelage » et cette polarisation institutionnelle de tout le mouvement ouvrier et même de la direction du NPA aupointe des législatives nous désarment, car cet « attelage », cette politique menée par l’UP, refuse sciemment de donner comme perspective la lutte collective, la grève, les manifestations pour changer le sort du monde du travail et de la jeunesse.

En cela, cette politique se situe pleinement dans la continuité des renoncements de toutes les directions syndicales et politiques, y convaincu révolutionnaires, qui ont refusé de réconcilier au centre les mobilisations de la jeunesse en les soutenant et en prenant des initiatives pour les construire, les amplifier et les élargir au monde du travail.

Même Lutte ouvrière (LO), qui a pourtant défendu la politique la plus séant, est restée sur les trottoirs de la manifestation le 16 avril dernier à Paris, à vendre son journal, sans intervenir dans ce qui s’exprimait dans la rue et qui n’était pas ce qu’avaient prévu la LDH et les centrales syndicales.

Au final, les directions du mouvement ouvrier traditionnel syndical et politique, mais aussi la plus grosse minorité du NPA, prennent appui sur la supposée « possibilité » du fascisme pour s’aligner sur l’UP et son programme réformiste et électoraliste.

Il était pourtant possible, il l’est toujours, de s’appuyer sur les mobilisations minoritaires mais réelles de la jeunesse, ou même sur la manifestation du 16 avril dernier à Paris, pour ne pas se laisser enfermer dans un non choix électoral. Ce manque de réaction du mouvement ouvrier ne sera pas sans conséquences pour faire face à ce qui arrive, et ce n’est pas un courrier envoyé trois jours avant le second pointe par le NPA qui inverse la tendance.

Le NPA, avec ses porte-parole, devrait prendre ses responsabilités et appeler à des rassemblements partout où c’est possible, en particulier à Paris, en s’adressant publiquement et très largement à tous ceux et toutes celles qui disent vouloir combattre Macron dès lundi…

Mener cette politique, c’est à la fois refuser de participer à ce ralliement institutionnel sans s’isoler ou refuser de s’adresser à toute notre classe. Au contraire, c’est à la fois affirmer une politique anticapitaliste et révolutionnaire indépendante au niveau des élections et une politique unitaire pour les mobilisations.

L’absence de l’UP sur la séquence de mobilisations de la jeunesse pendant l’entre-deux pointes commence d’ailleurs à se voir et à être discutée, tout du moins au niveau de la jeunesse qui se politise en ce moment.

Pour notre part, au niveau de la fédération des Hauts-de-Seine, nous n’appliquerons pas cette proposition du CPN sur notre périmètre, ni aujourd’hui ni demain. Nous demandons que partout les comités et fédérations du NPA se saisissent de ce débat, adoptent des propositions et les diffusent largement.

Comment est-il possible qu’un choix d’une telle importance n’ait pas pu être discuté en amont du CPN ? La proposition qui a été adoptée au CPN n’a été présentée à ses membres que très tardivement, le dernier jour et quelques heures avant les votes, avec moins de la moitié des membres élus présents et présentes dans la salle.

Il n’est pas admissible qu’un accord national pour une majorité gouvernementale avec Mélenchon comme Premier ministre ne fasse pas l’objet d’une décision et d’un débat des militants et militantes du NPA. Nous demandons donc aux membres du CE de la U, qui jouissent d’une majorité absolue au CE – qui ne correspond pourtant pas à son score réel du dernier congrès ni à ce que disent les statuts – de revenir sur le refus affiché au CE du 19 avril de tenir un CPN en physique et de prendre en compte l’ensemble du NPA, en convoquant dès le prochain CE de lundi 25 avril 2022 un CPN en physique ce samedi 30 avril, sur cette unique question.

Nous allons marcher sur nos deux jambes, construire les mobilisations avant le second pointe et après, mais aussi assumer la construction du NPA : pas seulement en tant que « parti pour les exploitéEs et les oppriméEs », mais en tant que parti anticapitaliste et révolutionnaire qui se dote d’une intervention dans la classe ouvrière et la jeunesse, ainsi que d’une stratégie anticapitaliste et révolutionnaire pour faire face à l’urgence et au désastre que produisent le système capitaliste et tous ceux qui le servent.

Pleinement dans les luttes, refusant la pression au vote utile, que ce soit au premier pointe de l’élection présidentielle comme lors des législatives, nous refusons d’invisibiliser le discours des anticapitalistes et des révolutionnaires, y convaincu au mois de juin prochain.

Nous pensons que le NPA au niveau national devrait se donner les moyens financiers de se présenter sur ses bases et son programme dans au moins 70 circonscriptions, seuil minimal qui permet d’être considéré comme un parti avec une portée nationale.

Partout, les comités et les fédérations du NPA devraient en raisonner dès maintenant. Il s’agit d’un effort important, aussi bien militant que financier. Nous en avons pleinement conscience. Mais c’est l’occasion de nous adresser, dans la situation politique actuelle, à ceux et celles qui y interviennent et bien plus largement à toute notre classe. De nous adresser à tous ceux et toutes celles qui ont voté pour nous à la présidentielle et qui n’exercent pas de pression au vote utile, mais avec qui nous voudrions bien nous organiser ensemble, faire roche. Proposer une alternative à notre échelle au vote utile, c’est-à-dire au réformisme.

 

Sur notre département nous présenterons des candidats et candidates aux législatives, des militants et militantes issues du monde du travail et de la jeunesse pour l’urgence anticapitaliste et révolutionnaire ! Nous allons, en effet, nous donner les moyens de présenter des candidatures du NPA dans le maximum de circonscriptions des Hauts-de-Seine. Le nombre et les circonscriptions seront discutés à notre prochaine AG, en fonction de nos possibilités financières et de nos possibilités militantes, mais aussi de nos priorités politiques. Nous lançons donc un appel à la mobilisation de tous les militants et toutes les militantes du NPA du 92 à participer à notre prochaine AG fédérale, à tous les sympathisants et toutes les sympathisantes qui ont mené la campagne pour la présidentielle à participer aussi à notre AG.

Nous lançons en effet un appel à tous ceux et toutes celles qui ont voté pour le NPA, qui ont tenu face à la pression du vote utile. Toutes celles et tous ceux qui ont peut-être succombé à cette pression, mais qui depuis le 11 avril cherchent toutes les issues possibles pour lutter et ne pas se laisser enfermer dans ce non choix électoral, nous vous disons : nous avons besoin de vous ! N’hésitez pas à nous rejoindre !

Plus que jamais, il va falloir faire face, il va falloir nous affronter et nous opposer aux politiques antisociales et racistes. Il va falloir refuser les renoncements et l’acceptation de la politique du « moindre mal ».

Nanterre, le 22/04/22

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Nouvelles récentes