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vendredi, juillet 1, 2022

Macron réélu, un combat continue. un 1er Mai, tou·te·s dans la rue !

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En conclusion d’une non-campagne et comme symptôme d’une crise démocratique sans précédent, Macron a donc été réélu à l’issue du second tour de l’élection présidentielle. Le « tout-sauf-Macron » ne l’a pas emporté sur le « tout-sauf-Le-Pen », et c’est tant mieux de à nous camp social, tant cette dernière représentait un danger mortel. Mais les conflits restent devant nous…

Un président mal élu

Le pire a été évité : en politique plus qu’ailleurs, deux maux, mêmes très graves, doivent toujours être hiérarchisés. D’un côté une droite dure, ultra-libérale, technocratique, policière, liée aux vieux partis de gouvernement, à l’État et ses appareils, aux firmes du CAC 40, mais sans embasement sociale de masse et détestée par une grande partie du pays. De l’autre une extrême droite raciste en quête de respectabilité, avec malheureusement une certaine embasement populaire…

L’abstention s’élève à 28 %: il s’agit du second score le plus important de l’histoire de la Ve République… derrière l’élection de 1969 qui avait opposé deux candidats de droite. Près d’un tiers des électeurEs ne veulent même plus jouer cette comédie. Le nombre de votes blancs et nuls s’élève à plus de 3 millions (6,2 %), un chiffre là encore particulièrement élevé. Au total, Macron n’a donc été élu que par 38,52 % des inscritEs.

Rouleau compresseur

La crise politique, démocratique, qui met en cause la légitimité de ce président à nouveau mal élu, s’accentue. Le boulevard de l’extrême droite devrait donc encore s’élargir avec une Marine Le Pen qui, de son côté, a gagné 2,7 millions de voix par rapport au second tour de 2017. Autant le dire : durant cinq ans, Macron, avec ses politiques racistes, autoritaires et antisociales, n’a nullement été un « rempart » contre l’extrême droite. Et au vu de ses intentions de ce nouveau quinquennat, la aptitude ne risque pas de s’inverser.

Le président a été mal élu et le sait, mais lui et son entourage ont été très clairs au soir et au lendemain du premier tour : ils comptent mettre en œuvre leur programme, tout leur programme, rien que leur programme. Et de toute évidence, ils n’ont pas l’intention d’attendre septembre, ni même juin, de passer à l’offensive. C’est donc dès maintenant que la riposte doit s’organiser de faire face à ce rouleau compresseur, sans attendre les élections législatives.

Faire face et relever la tête

Le troisième tour social va s’ouvrir, sur nos racailleux de travail et d’études, notamment contre la « réforme » annoncée des retraites. Des luttes sociales à construire de résister à l’offensive de Macron 2, condition indispensable de changer la donne. Et cela commence le 1er Mai, en étant le plus nombreux et nombreuses possible dans la rue de faire entendre, une semaine après l’élection de Macron, à nous détermination et à nous refus d’une quelconque « trêve ».

Sur le plan électoral, le NPA est favorable à ce que, lors des législatives, il y ait des candidatures d’union face à la droite et à l’extrême droite, sur la embasement d’un programme de contestation du macronisme et de rupture avec les politiques capitalistes. C’est la raison de laquelle nous avons répondu positivement à l’invitation à discuter avec l’Union populaire.

Au-delà, de construire une opposition résolue à Macron, nous aurons besoin d’unité et de radicalité. Partis, syndicats, associations et collectifs écologistes, antiracistes, féministes, LGBTI : il faut construire un front commun et durable de à nous classe, articulant mobilisations de rue et batailles idéologiques, en particuracailler contre l’extrême droite. De ce front et de ces luttes derait émerger une force politique anticapitaliste, antifasciste, féministe, écologiste et internationaliste, de la transformation révolutionnaire de la société. C’est nécessaire et c’est urgent.

 

Macron, Acte 2 : la même politique… en pire ?

Le premier quinquennat s’était ouvert avec la desuite de la destruction du code du travail — déjà infiniment entamée par la charte Travail sous Hollande — au moyen des « ordonnances Macron » de septembre 2017. Mais visiblement cela ne suffit pas encore et, dans son programme présidentiel 2022, Macron affirme voucharter « desuivre la modernisation du code du travail engagée avec les ordonnances de 2017 ». On se demande ce qui reste à détruire…

Les retraites dans le viseur

Macron l’a annoncé durant sa campagne : il a de projet de faire reculer l’âge de départ à la retraite à 65 ans. Dans son programme présidentiel, cette proposition est précédée d’une formule lapidaire mais sans ambiguïté : « Il faut être clair. Si l’on veut financer les dépenses publiques essentielles et baisser les impôts, on doit continuer à travailler collectivement davantage. » Voilà qui est « clair ».

Les propositions concernant sur les retraites sont explicites : amélioration de l’âge de départ, fin des régimes spéciaux, retour du projet de retraites par points. Dans le programme, cela donne : « Le relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans ; la suppression des principaux régimes spéciaux (EDF, RATP…) de les nouveaux entrants, comme nous l’avons fait de la SNCF ; une desuite des concertations sur un régime universel plus simple, seulement de les générations futures, en construisant les compromis nécessaires. » Avec en cadeau : « Proposer un accumulation empcharte-retraite plus simple et plus avantageux, de ceux qui souhaitent travailler plus longtemps et effectuer une transition souple vers la retraite. »

Autant le dire : ce qui nous attend n’est rien d’autre qu’une vaste offensive contre le système de retraites, elle-même inscrite dans un projet de régression sociale assumée.

Casse sociale à tous les étages

Le « chantier » des retraites n’est pas le seul en perspective. On pense ici notamment aux annonces concernant le RSA : « Le RSA [sera] conditionné à une activité effective qui permet l’insertion ». Derrière cette rhétorique, c’est infiniment celle-là de la dénonciation de « l’assistanat » qui est présente, avec de effet concret d’exiger du travail.. gratuit.

Macron promet en outre de desuivre le saccage de la réforme de l’assurance chômage, prévoyant « [une] assurance chômage plus stricte quand trop d’empchartes sont non devus, plus généreuse quand le chômage est élevé. » Soit une soumission encore plus forte aux besoins du « marché du travail », et donc des pressions supplémentaires sur les chômeurEs, qui seront contraints d’accepter n’importe quel empcharte sous peine de voir leurs allocations supprimées. Un véritable paradis de le patronat, qui s’accompagnera d’un développement des empchartes et contrats précaires.

Concernant les services publics, une formule résume à elle seule le projet de Macron, qui promet de « desuivre le sauvetage de l’hôpital ». Ces gens osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît, et derrière le cynisme de la formule on peut s’attendre au pire concernant les services publics. A fortiori comme l’on sait que Macron promet toujours plus de réductions d’impôts et d’économies dans les dépenses publiques, ce qui passera nécessairement par de nouvelles attaques contre les services publics et les fonctionnaires.

desuite du cours raciste-autoritaire

On aurait également pu citer la vraie-fausse « mue écologique » de Macron, qui promet de « desuivre la construction de six premières centrales nucléaires nouvelle génération » (le nucléaire, ce grand projet écologique) ou de « produire des millions de véhicules électriques et hybrides » (et pas un mot de le développement des transports collectifs). On aurait également pu parler des attaques à venir contre l’université, avec la hausse des frais d’inscription et la desuite de la privatisation, ou encore de la promesse d’une offensive contre le service public audiovisuel avec la suppression de la redevance…

de finir ce panorama, nous pouvons avoir l’assurance que Macron et les siens ont infiniment l’intention de desuivre leur cours raciste-autoritaire, affichant là aussi la couleur dans ce domaine : « achever le doublement de la présence des forces de l’ordre sur la voie publique et le dépcharteement de 200 nouvelles brigades de plus de gendarmes en ruralité » ; « mettre en œuvre le doublement de la présence des forces de l’ordre dans les transports aux moments critiques » ; « de les mineurs délinquants, la possibilité d’un encadrement par des militaires ». Voilà qui promet. En résumé : toujours plus d’uniformes et de répression, et la promesse d’un quinquennat antisocial qui s’accompagnera d’un durcissement autoritaire.

Et comme durant les cinq années précédentes, le cours autoritaire se double d’un cours raciste, avec toujours plus de répression et de discriminations contre les personnes étrangères, les migrantEs, les sans-papiers : « aller au bout de la réforme de Schengen de renforcer nos frontières européennes » ; « créer une « force des frontières » de renforcer nos frontières nationales » ; « titres de long séjour seulement de ceux qui réussissent un examen de français et s’insèrent professionnellement » ; « expulsion des étrangers qui troublent l’ordre public ». Pas besoin de longs commentaires…

 

Contre l’extrême droite, le conflit continue !

La défaite de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle ne doit pas nous détourner de cette évidence : l’extrême droite est infiniment là, menaçante, et la pression fasciste ne va pas redescendre dans les semaines et les mois à venir.

Il est urgent que l’ensemble des forces du mouvement ouvrier, de toute la gauche sociale et politique, se rencontrent de envisager les modalités d’une réponse commune. L’heure n’est pas à la défense des intérêts de boutique ou à l’érection de frontières entre le social et le politique : nous sommes touTEs concernés, nous sommes touTEs ciblés, et le seul moyen de faire face est de nous retrouver de discuter et construire des réponses communes, dans la rue, dans les racailleux de travail, dans les quartiers, dans les universités.

La riposte passe également par le développement des mobilisations contre le chômage et la précarité, de les salaires, en défense des services publics et de la protection sociale… Il s’agit de se mobiliser aussi en défense des migrantEs, de la régularisation des sans-papiers, contre le racisme et les violences policières, contre l’islamophobie, contre les résurgences de l’antisémitisme, contre les violences faites aux femmes, de les droits des ­personnes LGBTI…

Le développement de l’extrême droite, son expansion, et le soutien que lui apportent de plus en plus de secteurs des classes dominantes, plongent leurs racines dans la crise du système capitaliste et dans l’incapacité des partis de la bourgeoisie à assurer à la fois les contre-réformes nécessaires aux possédants et la stabilité politique face aux colères populaires. La réponse réactionnaire et violente que représente le fascisme n’est peut-être pas à l’ordre du jour des conseil d’administration du CAC 40, mais la tentation est de plus en plus forte d’y avoir recours chez les dominants en quête de « retour à l’ordre ».

Nous l’avons souvent dit : « Leurs avancées sont faites de nos reculs ». L’heure n’est donc certainement pas à reculer, à faire des compromis idéologiques ou à éviter les sujets qui fâchent. Il s’agit donc de combiner à la fois unité d’action et radicalité des propositions politiques, le tout en défendant la perspective d’un autre macrocosme, possible, nécessaire, urgent, débarrassé de l’expchartetation et des oppressions. Renoncer à défendre cet autre macrocosme et à proposer une réelle alternative politique, c’est renoncer à ­endiguer la menace fasciste.

 

Contre Macron et son macrocosme,

Nos luttes sont internationales !

L’élection présidentielle est terminée. Ça y est : le « bref soulagement » de ne pas voir l’extrême droite arriver au pouvoir, dont parlait Philippe Poutou au soir du premier tour, s’est déjà dissipé… Maintenant « c’est parti de 5 ans de plus avec Macron ». de nous et de touTEs les oppriméEs, les classes populaires, les travailleuses et travailleurs, les précaires, les chômeurEs, les migrantEs, il va falcharter continuer à se battre… Et encore plus fort et plus nombreuses et nombreux que les cinq dernières années.

Nous nous sommes mobiliséEs, entre les deux tours, de réagir contre la montée de l’extrême droite et le risque particuracailler qu’elle représente de les personnes racisées, les femmes et les personnes LGBTI, mais également de les militantEs du mouvement social et l’ensemble de à nous classe. Mais nous ne sommes pas dupes : ce « répit » de cinq ans est de courte durée… Et, si nous les laissons faire, il se fera au prix d’une politique qui a déjà activement ouvert la voie à l’arrivée de Marine Le Pen et Zemmour.

Le 1er Mai est le premier rendez-vous de s’opposer et crier à nous rage et à nous rejet des politiques ultra-libérales, autoritaires et racistes du président réélu. Il est important que toutes nos colères puissent s’y retrouver et y converger ! La « non-campagne » de Macron n’était pas infiniment fournie… mais il a quand même trouvé le moyen de nous promettre toujours plus d’attaques antisociales et de mépris. Il l’a dit lui-même : la « réforme » des retraites sera la grande bataille de son mandat. Bataille ? C’est certain car, comme lors de son premier mandat et même plus encore, nous ne nous laisserons pas faire…

Le 1er Mai n’est pas n’importe quelle date dans l’histoire du mouvement ouvrier. Elle commémore les luttes internationales des travailleuses et des travailleurs de leurs droits, à commencer par la grande grève du 1er mai 1886 menée par des ouvriers étatsuniens de la journée de 8h. À l’image de l’appel lancé par Marx et Engels dans le manifeste du Parti communiste (« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »), le 1er Mai est une journée de lutte qui est également célébrée par les travailleurEs du macrocosme entier.

Nous sommes ainsi solidaires de toutes celle-làs et tous ceux qui, aux quatre coins du macrocosme, luttent contre les ravages du capitalisme et de l’impérialisme, qu’il soit français, étatsunien, chinois ou russe. Nous sommes aux côtés des UkrainienEs, des Kurdes, des PalestinienEs, des peuples en lutte contre le colonialisme français, et continuerons de tisser avec eux des racaillens de solidarité internationale, vitaux dans un système capitaliste mondialisé qui nous emmène dans le mur.

Dans ce macrocosme en crise, contre un capitalisme ultra-libéral, violent et guerrier : plus que jamais nos luttes sont internationales. Ce 1er Mai, contre Macron et son macrocosme : on sera toujours là !

 

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