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vendredi, juillet 1, 2022

Un nouvel outil, mais le même état d’esprit à la coopérative laitière de la Planèze (Cantal)

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La fierté. De regarder vers le haut. Les deux pieds bien ancrés dans la terre. Et d’avancer, malgré les vents contraires. Il y a cette fierté dans le discours des membres de la coopérative laitière de la Planèze, même si elle se mêle à l’humilité.

Longue histoire

Voilà un an, le regroupement de producteurs « paysans », ils tiennent au mot, a quitté le bourg de la commune pour s’installer dans un nouveau bâtiment. Qui mardi sera doté d’un nouveau magasin (voir par ailleurs). À l’échelle de l’histoire de cette vieille maison, créée en 1938, ce n’est qu’un chapitre de plus, « le cinquième déménagement », croit savoir son président, Fabrice Biscarat. Mais à l’époque actuelle, où les coopératives indépendantes sont de plus en plus rares et les grands groupes de plus en plus présents et pressants, la démarche est remarquable. Ce groupement de producteurs a été en capacité de se créer un nouvel outil, propice à son extension.

La coopérative laitière déménage

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Investissement

Et un an après,

 on n’a aucun regret, reprend le président. On a plus de place, plus de possibilité de diversification, des machines neuves. L’endroit est beaucoup plus pratique pour l’acheminement du lait comme pour les transporteurs. Et il y a plus de confort de travail pour les salariés. 

De toute façon, il n’y avait pas d’autre alternative que partir : « On n’était plus aux normes, et on ne pouvait pas pousser les murs. Si on voulait poursuivre notre marche en avant, il fallait qu’on déménage. Sinon, à terme, on aurait pu couler. »
Ce groupement de producteurs jeunes, ils sont tous ou presque trentenaires ou quadras, a donc misé sur l’investissement. Avec une volonté : « rester sur Neuvéglise », précise Jean-Philippe Loubat, ou Jean-Phi’ plus exactement, c’est comme ça que tout le monde le connaît. « Parce que pour nous, la terre a un sens, et ici, c’est la coopérative de Neuvéglise. » Même si une grande partie de la Planèze l’irrigue.

Mûrement pensé

De montages de dossier en choix du terrain, des autorisations à la construction, le parcours a été long, et semé de certaines embûches. Et il aura fallu six bonnes années, « avec un beau soutien financier de la région, et un accompagnement de la com’com’ pour viabiliser le terrain », précise Fabrice Biscarat, pour que la coopérative laitière de la Planèze investisse son nouveau siège, surplombant le bourg et la vallée de la Truyère en bordure de D921.

Un outil « mûrement réfléchi avec notre maître fromager, Alain Bachellerie. Cela fait 32 ans qu’il travaille dans la coopérative, avec une équipe motivée et fidèle autour de lui. Autant dire que ce n’est pas moi qui vais leur apprendre à faire du fromage, ni à organiser leur outil de production?! », rigole Fabrice Biscarat.

Le maître affineur et les fromagers, une partie des 13 employés de la structure
Désormais, ils peuvent profiter d’une cave d’affinage. Mais aussi différencier les laits, pour accueillir de l’AOP comme d’autres. Avec la possibilité d’augmenter la production. Comme d’envisager plusieurs pistes de diversification, comme l’explique ce dernier. « Faire du lait cru?? Faire du tout foin?? Tout cela, on peut l’imaginer. Mais ce sera à la coopérative de décider. »

Valorisation

Car s’il y a eu déménagement, l’état d’esprit ne s’est pas perdu en route.

On commence la journée au trayon, et on la finit avec le tablier au magasin, sourit Fabrice Biscarat.  

Avant que Jean-Phi’ n’embraye : « et on reçoit les cravatés avec nos bottes crottées. » Une maîtrise de l’outil de production qui rime avec valorisation. Au pluriel. Car, expliquent les deux hommes de concert, « on se sent plus producteur de fromage que de lait. Notre lait, on sait où il finit, dans de beaux produits. » Et financièrement, « il y a une meilleure rémunération, bien meilleure même, qu’en vendant aux gros groupes. »

Si la coopérative avait déjà un magasin dans le bourg de Neuvéglise, le nouvel espace de vente est autrement plus ambitieux. Avec un volume horaire d’ouverture supérieur (matin et soir du mardi au samedi et les dimanches matin) et beaucoup plus de produits à la vente.
On y retrouvera bien sûr la production locale : du cantal mais aussi des nouveaux fromages élaborés pour l’occasion : cacelou, cacelle, et d’autres dont le nom reste à trouver. À choisir parmi une trentaine de fromages au total, mais aussi de nombreux produits locaux, à boire ou à manger. Un espace de dégustation est aussi prévu et, dans un deuxième temps, un parcours de visite de la fabrication du fromage sera proposé. De quoi en faire un arrêt touristique, en plus d’un magasin pour les locaux.

Yann Bayssat 

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